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Publié par CRISTOL DENIS

Il est souvent fait reproche aux formations managériales d’être à visée technique et gestionnaire et de produire des comportements stéréotypés, d’oublier l’humain, de se limiter à la mesure des phénomènes sans s’y mêler vraiment. 10 axes vont maintenant être développés pour proposer des réponses à cette question : comment est-il possible d’humaniser la formation des managers ? Ces propositions envisagent plus de complexité et d’engagement personnel.

  1. Il s’agit d’abord de les exposer à des situations réelles, les plonger dans des « cas chauds » au cours desquels toutes leurs capacités et ressources seront mobilisées y compris leur corps et leurs émotions. Car nous savons que nous avons un cerveau, mais nous oublions que celui-ci est en interaction avec le milieu interne et tout l’écosystème.
  2. Les managers gagnent à se confronter avec la complexité, la leur mais aussi celle des autres ou des projets à conduire avec de forts enjeux humains. C’est pourquoi l’apprentissage à l’occasion de projets est un puissant vecteur d’apprentissage.
  3. Il s’agit ensuite de placer les managers en formation, dans des situations d’indécision pour les conduire à travailler la part de doute, d’intuition, d’innovation et de créativité. Le raisonnement sur des « cas froids » déjà résolus évoque la situation d’un autre dans laquelle on est toujours un peu un étranger.
  4. Pour faire face à tant de doutes et d’incertitudes, il est important de leur proposer des apports donnant des perspectives larges sur l’existence humaine, le sens de la vie, l’impact d’une organisation sur son environnement et d’augmenter sa conscience de tout l’écosystème. Il s’agit de revenir à l’étude des humanités classiques, par exemple en redécouvrant des textes, l’histoire des idées qui influencent le monde d’aujourd’hui.
  5. Dans ce monde riche en informations, il convient d’aider les managers à construire un rapport au savoir autonome et à faire de leur propre expérience une théorie pratique plutôt que de leur inculquer des idées à la mode qui se chassent l’une l’autre à une vitesse accélérée.
  6. Prendre la mesure de ce qui est en train de se produire nécessite de développer des espaces, des processus pédagogiques qui autorisent la réflexivité, la découverte de soi et des autres et qui fassent grandir l’empathie. Il n’ y a pas de management sans aptitude à bâtir une équipe solide et solidaire.
  7. Offrir et démultiplier des opportunités pour se mettre au service de l’intérêt général et apprendre à mettre son talent au service de ceux qui en ont moins ou se trouvent momentanément en difficulté est un axe à privilégier, car il est à la base d’un leadership authentique.
  8. Accompagner le développement d’une posture de commandement est un enjeu qui vise à promouvoir une autorité fondée par la compétence, l’envie d’agir, le travail sur soi. Cela peut passer par la mise à disposition ou l’appui d’un accompagnateur, d’un mentor, d’un tuteur ou d’un coach qui aide chacun à trouver les réponses à son questionnement.
  9. Il faut associer chaque apport de contenu d’un temps de distance critique pour en percevoir les limites. Il convient aussi d’utiliser ce temps pour établir des liens avec les apports, les expériences singulières et les événements qui se déroulent. Ces points sont essentiels pour garder une vision globale et prendre de la hauteur.
  10. Il faut enfin favoriser la pensée holistique et systémique qui se soucie des signaux faibles et des conséquences de ses actes.

Ces axes peuvent être promus à la condition d’une transformation de la perception d’une équipe pédagogique de sa mission, qui sera l’objet d’un prochain billet.

Comment serait-il possible d’humaniser la formation des managers ?

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Chloé 11/03/2014 08:32

Un billet de qualité comme d habitude, concernant le point 8 le choix du mot commandement me "déplaît" dans ce texte. En effet je le trouve en contratdiction avec l' essence même de cette réflexion.D 'un avis personnelle, c'est plutôt une posture de "garde fous" vers le but commun. L'action de commander ne colle pas avec cette posture de type facilitateur.

Chloé 11/03/2014 08:31

Un billet de qualité comme d habitude, concernant le point 8 le choix du mot commandement me "déplaît" dans ce texte. En effet je le trouve en contratdiction avec l' essence même de cette réflexion.D 'un avis personnelle, c'est plutôt une posture de "garde fous" vers le but commun. L'action de commander ne colle pas avec cette posture de type facilitateur.

cristol 11/03/2014 12:30

L' ouvrage de bigot récent sur la trahison des chefs réhabilite le commandement. Il faut voir dans ce mot une posture d autorité qui s'assume au service du collectif. Le manager est une solution organisationnelle qui doit se mettre au service du collectif il va au delà de la posture d'animation ou de facilitation