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Publié par CRISTOL DENIS

Tout se passe aujourd’hui comme si la digue des tranquillités était en train de rompre. Dans l’état providence, les frontières entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, ceux qui ont un emploi à vie et les autres, ceux qui héritent de situations et de patrimoines et ceux qui n’ont rien pourraient devenir plus poreuses par la force des circonstances.

Le monde est devenu rapidement changeant et met en tension des héritages, les prés carrés, les conforts. Les compétences sont rapidement obsolètes. Les moyens technologiques sont redistribués, de même que les imaginaires et les motivations de réussir. Les appétits de nations lointaines, et ambitieuses participent par la concurrence à réveiller nos énergies (vision positive), ou à déstabiliser nos acquis sociaux (vision négative). Il n’y a d’autre choix que l’action. Agir c’est prendre le risque de se tromper tout autant que de trouver de nouvelles perspectives.

Les entreprises sont condamnées à prendre des risques pour exporter ou créer de nouvelles valeurs ajoutées. Innover, est leur nouveau mot d’ordre. Oui mais comment faire, quand elles se sont coulées dans le paradigme gestionnaire du processus maîtrisé, de l’optimisation de chaque opération, éliminant petit à petit toute façon divergente de penser ou d’agir ? Comment retrouver la diversité suffisante indispensable à la créativité ? Les collaborateurs sont conduits à anticiper ces nouveaux produits et services. Ils doivent apprendre à prendre des risques s’ils ne souhaitent pas payer les pots de politiques incapables d’anticiper à long terme les tendances de consommateurs, ou le jeu des restructurations industrielles, ou le choix du bonus financier décidées très loin d’eux (45% de la capitalisation Française est dans la main d’opérateurs étrangers). Parfois prendre son destin en main vaut mieux qu’attendre une lente déqualification professionnelle et sociale et subir un dictat aussi violent que soudain.

Même les fonctionnaires qui se faisaient fort de vivre paisiblement pour et de l’intérêt général sont touchés par l’état de fébrilité qui traverse le pays. Ils sont mis à contribution du lot d’économie à réaliser. Ils doivent mutualiser, mieux évaluer leurs actions. Ils doivent faire mieux et plus avec moins. Ils doivent admettre dans leurs rangs, des personnes extérieures pour compléter les compétences que leurs corps ne savent pas si bien sécréter. Auxiliaires ponctuels et travailleurs qualifiés en contrat à durée déterminée représentent désormais près de 25% d’entre eux. Ces agents d’un nouveau genre parlent un autre langage.

Le risque est à la fois menace potentielle et nouvelle opportunité. Peut-être, convient-il de s’en saisir et d’aller au-devant, plutôt que d’attendre qu’il nous terrasse, ruine notre moral et nous laisse sans énergie quand sa menace se réalise.

Quand il devient risqué de ne pas prendre de risque

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