Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

Si les auteurs de gestion rédigent tous les ans près de 4000 ouvrages pour nous proposer de « devenir manager », disposer des « 7 habitudes » qui font le vrai leader, « développer » notre charisme », les sociologues continuent inlassablement à contrer ce discours par leurs analyses sur les conséquences d’un management qui se suffirait à lui-même. On se souvient ainsi de l’ouvrage de De Gaulejac sur « La société malade de la gestion ». Etienne Rodin est sociologue. Il reprend le flambeau de cette critique. Il nous explique comment le management, cette technologie sociale érigée en discipline, devient une finalité de l’activité humaine et non plus un moyen. L’auteur dénonce le management comme un avatar de l’économisme qui réduit l’homme à n’être qu’une ressource à rentabiliser. La programmation, la formalisation, la vérification permanente au nom de la qualité et de la performance détruit continument les liens sociaux.

Le management serait une réduction anthropologique faisant de chacun de nous les instruments au service du profit érigé en principe existentiel.

En tant que discipline, le management serait à la fois subtil car il générerait des envies, des désirs à assouvir pour favoriser notre réussite et notre bonheur, mais également dévastateur car il réduirait toute dimension humaine à la seule dimension de la mesure. La peur, l’envie et l’espoir sont les moteurs qui conduiraient nos actions.

Voilà un ouvrage de plus qui démontre que les rapports sociaux qui s’instaurent aujourd’hui empiètent sur la vie humaine. Il est quand même dommage qui si peu de solutions soient proposées par l’auteur dans cette critique de la manipulation, de la domination. L’appel à la frugalité exposé semble si éloigné de nos pratiques actuelles.

L’horreur managériale. Gérer, instrumentaliser, détruire. Etienne Rodin. Editions l’échappée. 2011.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article