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Publié par CRISTOL DENIS

La collégialité une forme d'intelligence collective

La collégialité fait référence à une pratique sociale qui veut qu'une orientation ou une décision soit examinée par une assemblée stables de pairs qui partage équinanimement le pouvoir. A l'origine, le mot et l'emploi initial proviendraient de la sphère religieuse et des ministres du Christ. L'idée de collégialité introduit celle d'un avis débattu selon les critères professionnels de pairs. Les collèges sont présents dans les instances de représentations des salariés ou se créent sans le dire de façon informelle.

Les membres du collège partagent une même enveloppe culturelle, un liant invisible issu de la fréquentation des mêmes pratiques et usages professionnels. Ils délibèrent à parité d'estime.

La force de la collégialité se fonde sur des trajectoires similaires qui ont créées des implicites, des points de repères éprouvés par des expériences professionnelles variées.

L'avis collégial se veut donc un examen éclairé du fait des expériences croisées.

Dès lors, un collège sera d'autant plus pertinent que ses membres auront emmagasinés de nombreuses réflexions sur des situations permettant d'apprécier une situation nouvelle sous tous les angles possibles.

Le collège est l'expression d'une intelligence collective structurée, dotée de règles formelles et d'implicites professionnels. L'alliance du formalisme et du tacite confère à une telle assemblée une souplesse éthique (référence au jugement de valeur subjectif) et un cadre déontologique (repères de métiers formalisés).

La création ou la de reconnaissance de collège est un processus d'appariement ou d'élection. Dans le cas d'un processus électif le collège subit le jeu de la représentation, dans le cas de l'appariement libre, le processus de reconnaissance mutuelle constitue un ciment.

Dans les deux cas le collège est bien plus qu'une assemblée ou un groupe par les liants professionnels qui unissent les membres et la communauté d'intérêt qui se dégage. Ces liants apportent un supplément de sens à l'action ancré dans le métier.

A un moment où l'horizontalité gagne sur la verticalité les organisations auraient intérêt à accompagner cette horizontalité, de manière à ce que les relations entre les collaborateurs tiennent moins du rhizome (croissance anarchique de l'organisation en fonction d'intérêt particulier) et plus du réseau (structuration en fonction de finalités collectives partagées).

L'émergence de collèges de managers, de professionnels, ou d'agents spécialisés pourraient être encouragés pour irriguer des organisations dont les hiérarchies traditionnelles sont parfois en panne d'autorité, tellement elles ont misé sur le reporting chiffré et oublié les cœurs de métiers.

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