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Publié par CRISTOL DENIS

Souvent le management se distingue du leadership. Au premier est confiée la tâche de gérer, d’anticiper et de prévoir au second celle de transformer les organisations. Le leadership est une thématique qui prend de l’ampleur. Face aux excès du management gestionnaire qui s’exprime par l’unique rapport de mesure et de performance, le leadership commence à être exploré. Edith Luc associée à la chaire de leadership de HEC Montréal et Meryem Le Saget[1] consultante produisent un ouvrage sur le « leadership partagé ». Si le thème parait aujourd’hui à l’avant-garde d’une mode du collaborative, il a déjà été employé en 1924 dans les écrits de Mary Parker-Folett. Il se définit comme un processus d’influence dynamique et réciproque entre les membres d’un groupe mobilisés ensemble pour atteindre une même cible. Les auteures de l’ouvrage ont recensé de nombreuses études qui démontrent que cette forme de leadership apporte des résultats supérieurs aux formes traditionnelles centrées sur le leader unique. L’une des raisons en serait que cette forme de leadership correspondrait mieux aux attentes des travailleurs du savoir de plus en plus fréquents dans les organisations, aux contraintes de la complexité et à l’hyper-connectivité. Le leadership partagé et sa mise en œuvre décrit dans l’ouvrage partent de l’analyse de 30 cas étudiés et de 150 entretiens pour en expliquer la dynamique. Huit cas plus particulièrement emblématique permettent de saisir les conditions de succès de cette forme de leadership. Les conditions de succès les plus fréquemment relevées sont l’exigence de discipline et de de processus clairs mais aussi l’acquisition continue de compétences. L’importance de la volonté collective autour d’une vision commune permet à un groupe indigène de changer sa destinée quand les autorités instituées n’y croyaient pas. Un groupe international mobilise plus de 200 dirigeants pour élaborer une mission commune et des orientations stratégiques sur une région du monde, une autre mobilise 10 000 collaborateurs. Un groupe de leaders s’organise spontanément pour mettre en commun leur compétence au service du groupe ils établissent de nouveaux rôles dans l’organisation. Lors de la fusion de deux groupes les collaborateurs ont su se mettre rapidement ensemble pour conjuguer leur talent. Une revue de littérature est réalisée dans le monde scolaire pour montrer comment le leadership partagé améliore les performances des élèves. En particulier la résilience apparait l’une des compétences clés pour changer le paradigme dominant. L’exemple du co-leadership entre médecin et infirmière est aussi présenté comme un partenariat et non une dépendance fonctionnelle. La diversité des exemples proposée montre que le leadership partagé peut être une approche systématique dans l’ensemble d’une organisation ou une action ponctuelle au sein d’un groupe.

[1] On se souvient de l’ouvrage primé de Meryem Le Saget « Le manager intuitif »

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