Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

Jean Marie Gogue se présente avec la casquette d’ingénieur et d’ancien maître de conférences à HEC. Il évoque dans son ouvrage un changement de philosophie nécessaire après la crise financière de 2008. Pour lui en effet, les pratiques et techniques managériales sont à remettre en perspective des courants de pensée qui traversent la société. Au terme de son analyse il plaide pour un retour aux fondamentaux. Le premier objet d’intérêt exposé s’intéresse à l’impossible formation des dirigeants. Pour l’auteur ils sont en effet une composante essentielle du management. Mais il constate qu’il existe peu de travaux solides sur les dirigeants qui se laissent peu approcher. Les débuts de carrière des ingénieurs et des cadres s’avèrent alors essentiels dans la socialisation du futur dirigeant pour une prise de repères. Pour l’auteur les théories économiques seraient moins importantes pour comprendre l’avenir que celles du management. Les modèles macro, seraient trop lents pour saisir la rapidité des transformations à l’œuvre au niveau micro. En fait les systèmes de management sont mal appréhendés et les relations de causes à effet trop vite établies empêchent de voir l’interrelation des flux et la globalité de la situation. En fait il y a de grandes variations dans un système. Le sens des variations est inséparable de la vision de l’entreprise. La prise de décision dépend de cette capacité à percevoir les variations. Malheureusement, les dirigeants face à un flux d’informations à traiter simplifieraient le réel en adoptant un raisonnement induisant qu’à chaque problème correspond une solution, obérant ainsi toute velléité de percevoir la multitude des variations à l’œuvre. De plus il faudrait décider vite et sous la pression ce qui empêcherait de prendre la mesure de toute la complexité à l’œuvre. Il en résulte des erreurs de décision. Plusieurs idées s’enchainent ensuite pour étayer cette philosophie du management. L’auteur pointe les dérives de la normalisation dans l’économie en montrant que la normalité est un moyen et non un but, et que les normes évoluent au sein de systèmes. Dès lors toute tentative de normalisation technologique imposée conduirait à l’échec. La connaissance du réel est également objet de réflexion de l’auteur qui estime qu’une connaissance est un ensemble de données, des prévisions sur les événements et notre degré de confiance dans cette prévision. Il y a donc une part subjective dans la connaissance. C’est pourquoi théorie et expérience cheminent ensemble et la transmission des connaissances s’avèrent difficile car une part d’expérience singulière demeure inatteignable. Même dans la science l’idée de valeur vraie est remplacée par celle de valeur la plus probable. L’intuition raisonnée préconisée permet d’apprendre à voir et observer et utiliser toutes ses ressources pour comprendre. L’intuition doit alors s’allier à la déduction pour s’aider mutuellement. L’auteur prête à Descartes une modalité de penser systémique. La dynamique de la connaissance serait un cycle et l’un des meilleurs exemples de ce cycle serait le plan-do-check-act proposé par Deming. L’auteur conteste l’idée qu’il soit possible de motiver un être humain, pour lui il s’agit de manipulation. Par contre il s’intéresse aux capacités à repérer les variations ce qui serait pour lui un moyen d’éviter de prendre de mauvaises décisions et constituerait pour lui un élément clé du leadership. Il s’agirait aussi d’améliorer les capacités de négociation et de coopération. L’auteur propose enfin des perspectives d’amélioration qui passerait par créer une conscience collective du système, fixer des objectifs cohérents, changer les critères de performance, supprimer les contraintes arbitraires et viser l’optimisation du système. Pour son treizième ouvrage, l’auteur, donne une vision plus philosophique, aux méthodes et techniques de qualité pour lesquelles il a constamment œuvré. Peut être rejoint-il en cela une forme de voie d’accomplissement à la façon asiatique ?

Commenter cet article

pauline@management resources 16/12/2014 14:10

Il est vrai qu'après la crise de 2008, les modèles de management ont dû être complètement bouleversés... Le problème aujourd'hui selon moi est le manque de moyen pour la formation des managers dans les entreprises. Et ca semble pourtant indispensable!

CRISTOL 17/12/2014 06:28

Les managers ont des formations techniques mais la dimension humaine est délaissée et leur autorité et peu assurée, ils se réfugient dans des normes du contrôle et crée à leur corps défendant du stress, de l'inadaptation, quelques uns empruntent d'autres voix, fort heureusement