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Publié par CRISTOL DENIS

Les comportements pro-sociaux l’emportent, les arguments du moine Bouddhiste Mathieu Ricard issus de son "Plaidoyer pour l'altruisme" ont les suivants :

  • L’altruisme n’exige pas de sacrifice. La joie et le plaisir de bien faire ne rend pas un acte égoïste. C’est l’idée du double bien.
  • L’altruisme instinctif s’adresse à nos enfants. L’instinct de prendre soin de nos enfants est un altruisme inné, il s’exprime sous la forme de l’amour parental. Le sentiment de vulnérabilité d’un enfant induit en chacun un besoin de protection, une émotion, de la sollicitude
  • L’altruisme étendu envers des étrangers se cultive. Au fur et à mesure que la compréhension de la souffrance de l’autre grandit cet altruisme progresse.
  • L’empathie est la capacité à entrer en résonance avec l’autre. Selon Batson il y a 8 modalités de l’empathie
    • La connaissance de l’état intérieur de l’autre
    • L’imitation motrice et neuronale
    • La résonance émotionnelle
    • La projection intuitive dans la situation de l’autre
    • La représentation claire des sentiments d’autrui
    • L’imagination de ce que nous ressentirions si nous étions à la place d’autrui
    • La détresse empathique
    • La sollicitude empathique
  • L’empathie est un outil indispensable de communication avec autrui
  • La contagion émotionnelle sert de précurseur à l’empathie
  • L’amour est une résonance positive entre les personnes qui survient à l’occasion du partage d’une émotion, de la synchronie entre le comportement et les réactions physiologiques de deux personnes et l’intention de contribuer au bien–être de l’autre qui entraine une sollicitude mutuelle. L’amour est inscrit dans notre constitution biologique. Si les émotions ne durent pas, leur répétition finit par engendrer des dispositions durables. L’aspect cognitif plus durable prend le relais de l’aspect émotionnel.
  • L’altruisme c’est éprouver un sentiment de communauté de nature qui reflète l’interdépendance de tous les êtres
  • Il existe des formes d’altruisme intéressé dans lesquelles, on accepte de se rendre service en attendant une réciprocité, cela peut prendre la forme de « dette de gratitude »
  • L’altruisme désintéressé s’observe dans de multiples circonstances (ex le bénévolat) c’est la banalité du bien, 14 millions de bénévoles en France dont 3 millions consacrant plus de Deux heures par semaine à la solidarité. Il est aussi possible de dénombrer 40 000 ONG internationales à travers le monde
  • L’altruisme peut être héroïque quand il se manifeste dans l’urgence, mais aussi inconditionnel quand il se répète dans des actions dangereuses (comportement des justes lors de la deuxième guerre mondiale pour sauver des juifs, leur nombre serait estimé à 50000)
  • Les tests de laboratoire montrent que l’aide apportée aux autres va au-delà des différentes motivations telles que soulager sa propre détresse, éviter une sanction ou un sentiment de culpabilité, éviter la réprobation d’autrui, obtenir une contrepartie calculée, espérer obtenir une récompense. Les travaux de recherche rendent régulièrement compte des comportements d’entraide, de générosité et de bienveillance.
  • L’égoïsme universel se soustrait à toute réfutation par les faits. La promotion de ses intérêts individuels en toutes circonstances, égoïsme psychologique ne parvient pas à expliquer tous nos actes. Moralement, l’égoïsme est insuffisant pour dépeindre l’homme.
  • L’homme est un animal social dont la survie dépend des autres de la naissance à la mort, dès lors par sa condition la bienveillance est plus naturelle que la haine à l’homme
  • L’altruisme nait de l’évolution de l’espèce humaine. Pour Darwin l’évolution des espèces se fonde sur
    • des mutations génétiques qui e produisent au hasard et entraînent des variations héréditaires
    • des variations interindividuelles qui permettent à des individus de survivre et de transmettre leurs caractéristiques
    • des adaptations aux conditions extérieures
  • Pour l’homme la réciprocité et la coopération sont deux caractéristiques essentielles à la survie de l’espèce. Elles sont possibles grâce à sa capacité d’empathie
  • Les relations d’entraide et d’échanges sur le long terme facilitent la survie de chaque individu et sa reproduction. L’altruisme réciproque accroit les chances de survie, pas uniquement de ses gènes mais de sa parentèle.
  • Les singes adoptent des comportements pro-sociaux. Les racines phylogénétiques de l’altruisme humain remontent à l’ancêtre commun des hommes et des singes
  • Dans l’idée de la pression de sélection, se sont moins des individus qui sont en compétition, que des groupes, au cours de l’évolution, l’aptitude des groupes à coopérer a été un atout déterminant
  • L’amour maternel serait au fondement de l’altruisme étendu. Les mères réagissent physiologiquement beaucoup plus intensément aux cris des enfants. L’instinct qui pousse à protéger son enfant peut s’étendre et se manifester pour d’autres personnes.
  • La transmission et l’évolution culturelle humaine est cumulative, chaque génération dispose des connaissances et acquis technologiques des précédentes. Elle a le loisir d’apprendre de l’histoire. Les êtres humains ont accès aux événements qui se produisent à distance et seraient en train de prendre conscience plus fortement des autres et du fait que la terre est désormais un village. Ils expriment plus fréquemment une aversion pour les guerres
  • Chez l’enfant l’altruisme nait très tôt. Jusqu’à 12 mois, il subit la contagion émotionnelle d’un autre enfant qui pleure. De 1 à 2 ans ils réagissent à la détresse d’autrui. De 2 à 5 ans il est possible de montrer qu’ils éprouvent de l’empathie et sont capables de venir en aide sans aucune récompense. Chez l’enfant l’altruisme serait spontané selon une variété d’expériences réalisées. Ce sont les normes sociales qui tempéreraient l’enfant à partir de 5 ans et de sa capacité à discriminer selon les normes culturelles inculquées. A partir de 10 à 12 ans, l’enfant se réfère à des normes morales de comportement. L’adolescence est l’âge de l’apprentissage des régulations émotionnelles et de la gestion de l’agressivité. Tout le développement énoncé est sujet à variation en fonction des formes d’éducation qui s’imposent et de la posture des parents et éducateurs.
  • Les comportements pro-sociaux sont influencés par l’environnement dans lequel l’individu se développe. La multitude autour de soi renforce « l’effet spectateur » qui exacerbe ou rétrécie les déterminants du passage à l’acte et le sentiment de culpabilité. Les citadins happés par de nombreuses préoccupations perdent l’habitude d’établir des rapports personnels aux autres. Dans les villes il est impossible de s’occuper de toutes les personnes en détresses croisées dans une seule journée. Le sens moral s’en trouve diminué. Lorsque l’individu est éduqué dans une culture collectiviste, il se comporte avec plus d’altruisme.
  • Les comportements pro-sociaux sont favorisés par les romans, films et feuilletons qui éveillent l’empathie
  • Les activités bénévoles renforcent les comportements pro-sociaux.
  • La plasticité neuronale montre que chacun peut changer, se transformer et adopter des comportements plus altruistes. Un entraînement de l’esprit est possible, il est possible d’en mesurer les effets sur le cerveau grâce aux sciences cognitives. Les pratiques de méditations provoquent des modifications sur le fonctionnement du cerveau. Des méditants de plus de 10 000 heures, ou de plus de 70 000 heures ont des empreintes cérébrales différentes. Les personnes contrôlant leurs émotions se comportent de façon plus altruiste. Même des entraînements courts permettent d ‘observer des changements. Les méditations qui cultivent l’altruisme portent sur l’amour altruiste, la compassion, la réjouissance et l’impartialité.

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