Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

Au moment même où son équipe connaissait des succès dans la ligue professionnelle de hockey, l'un de anciens entraîneurs emblématiques des "Canadiens" Claude Ruel, surnommé "le piton" vient de disparaître. L'équipe sportive est souvent prise en modèle dans les entreprises, pour son abnégation, son travail acharné à atteindre un résultat collectif. Les entraîneurs, les coachs, se mettent véritablement au service de l'objectif collectif, alors qu'eux même ne jouent pas sur le terrain. Ils portent d'autant plus fort une vision qu'ils ne participent pas directement au jeu. Mais lorsqu'un entraîneur quitte le collectif, a t-il transmis son envie de gagner, toute l'expérience accumulée, le savoir humain capitalisé tout au long des années? Qui sont leurs héritiers? Parfois, il a un second qui l'a observé et a su modéliser des pratiques et comportements, parfois le transfert est plus aléatoire et l'équipe décline. Pourtant des méthodes de transfert existent et se développent

Une pratique prend corps actuellement au Canada, elle se situe à cheval entre les pratiques d'orientation et de formation, elle a pour nom "cercle de legs". Il s'agit d'une forme d'accompagnement de collaborateurs situés dans le troisième tiers de leur carrière professionnelle, qui disposent d'une expérience consistante et souhaitent lui donner du sens en interne, pour les autres collaborateurs, mais aussi, pour eux-mêmes afin de préparer leur départ de l'entreprise.

Le principe est celui d'un cercle de rencontre (6 séances de 3 heures toutes les 2 à 4 semaines pour un groupe de 6 à 8 participants dans la même tranche d'âge), accompagné par un coach professionnel qui va conduire une maïeutique du métier et de la personne dans le métier dans le but de produire deux types de savoir :

  1. le savoir rester : se dynamiser, faire un bilan de ses compétences
  2. le savoir partir : préparer un nouveau projet, trouver ses héritiers et formaliser ses savoirs

Cette approche dynamique de la carrière donne de la fierté et du sens dans l'entreprise, construit des liens et du capital social, évite la fin de carrière où l'individu est peu à peu écarté des projets, des réunions et du travail, et peut en nourrir du ressentiment et des sentiments négatifs, ce qui peut se ressentir dans l'organisation du travail.

Gageons que l'approche apporte un plus par rapport aux usages des entreprises, qui se contentent le plus souvent de régler la situation administrative de leurs collaborateurs, où dans le meilleur des cas proposent, dans les quelques semaines précédant le départ, un stage de "préparation à la retraite".

Le partage avec d'autres pour l'interne et pour l'externe est vitalisant pour l'entreprise. Il produit de la reconnaissance du travail, tout à la fois pour ceux qui partent et pour ceux qui restent. Incidemment le cercle de legs renvoie au dicton des compagnons du devoir pour lesquels "une parole reçue qui n'est pas transmise est une parole volée". Le cercle de legs engage la durabilité de la communauté humaine.

En savoir plus : Courriel: diane.doyon@cercledelegs.com

Le cercle de legs : la fierté du devoir accompliLe cercle de legs : la fierté du devoir accompli

Commenter cet article