Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

De même que pour les environnements d’apprentissage personnel (EAP), la définition des environnements d’apprentissage en réseau (EAR) est instable. Dans le cadre de son cours de maîtrise techno-éducative donné à l’université Laval, sur les environnements ‘apprentissage en réseau, Laférriere (2015)[1], s’attache à définir un EAR dans un modèle social de l’apprentissage. Pour elle, « Un EAR qui souscrit à la perspective sociale de l’apprentissage se distingue par a) sa nature participative, b) l’accessibilité à des ressources sur Internet et c) la présence d’artéfacts d’apprentissage ou de coélaboration/création de connaissances, soit des productions individuelles et collectives. » Ce qui distingue l’apprentissage en réseau, ce sont les connexions sociotechniques qui relient les participants entre eux et à des objets de connaissance.

Cette perspective s’appuie sur l’idée de coélaboration des savoirs. Le processus pédagogique proposé est celui du knowledge building. Scardamalia (2000)[2] précise ce qu’est le knowledge building : une façon de coélaborer le savoir par engagement collectif autour d’un objet commun. Il s’agit d’avancer collectivement dans la construction d’un apprentissage.

Le processus part d’une question authentique qui émerge d’une discussion de groupe. Une fois la question reconnue et accepté par tous, chacun est invité à rechercher des informations pour enrichir le savoir commun sur cette question. Tous les membres s’autocorrigent et complètent le stock d’informations relatif à l’objet commun. Le processus suppose l’existence d’un climat de confiance pour que les apprenants acceptent les erreurs et le regard de l’autre sur ses erreurs. Cette approche favorise le deep-knowledge, un ancrage en profondeur des connaissances prenant en considération ce qui est déjà su par chacun, plutôt qu’une mémorisation en surface d’informations déliées de tout ancrage. Les connaissances se consolident dans une logique d’échafaudage. Les idées se construisent par touches et itérations successives, jusqu’à parvenir à une pensée plus aboutie. Les travaux sont basés sur un processus d’écriture collaborative. Les participants écrivent en parallèle de façon synchrone ou asynchrone. Le va et vient entre l’oral et l’écrit est une condition du travail collaboratif. Les temps en présentiel permettent la confrontation des idées et les échanges se poursuivent à distance. En présence ou à distance, le facilitateur des apprentissages régule et facilite, tout en aidant au repérage de sources fiables d’information en reformulant l’état d’avancement et de progression du savoir collectif des participants.

Dans le contexte universitaire de Laval, le processus s’enrichit de travaux en sous-groupes, de laboratoires vivant, de rencontres, de lectures, de recherches sur des sujets plus personnels, de participation à des communautés professionnelles déjà constituées interagissant en réseau.[3]

[1] LAFERRIERE, T. (2005), TEN 7007 Environnement d’apprentissage en réseau. Université Laval. http://www.tact.fse.ulaval.ca/fr/html/sites/TEN_7007.pdf

[2] SCARDAMALIA, M. (2000). Principes de coélaboration de connaissances,

http://www.telelearning-pds.org/practica/principes.html

[3] Exemples proposés TACT (TéléApprentissage Communautaire et Transformatif), PROTIC, l’École en réseau (ÉER), KBIP (Knowledge Building International Project) et @CTIF (Accès en classe aux technologies de l’information pour la formation)

Les environnements d'apprentissage en réseau
Les environnements d'apprentissage en réseau

Commenter cet article