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Publié par CRISTOL DENIS

A voir les difficultés qui traversent les mondes de l’éducation et de la formation, voici un ouvrage d’actualité écrit par trois philosophes qui nous posent une fois de plus la question de ce que signifie apprendre. Le livre part de l’idée que si l’école traditionnelle s’est trompée en voulant inculquer des connaissances détenues par un maitre à des élèves passifs, l’école contemporaine faisant d’un élève un acteur de la construction de ses savoirs ne marcherait guère mieux.

L’ouvrage expose par quel chemin l’apprenant est devenu une figure centrale, comment on est passé d’une société de tradition et de transmission à une société de la connaissance et quelles ruptures cela a engendrées, notamment la dissolution du compromis scolaire.

Cette transformation vers une société de la connaissance est aussi une émancipation du savoir et par le savoir. A l’extrême, pointe la société sans école prophétisée par Ivan Illitch, l’école étant appelée à devenir un lieu de rupture avec le conformisme.

Avec la valorisation du désir d’apprendre, le rôle de la transmission est suspecté. Mais les transmissions familiales résistent qu’elles soient psychiques, morales ou cognitives. De la même façon la relation entre les maitres et les disciples persistent dans des métiers manuels ou intellectuels. L’incarnation d’un savoir dans le maître et sa parole n’est pas tout à fait obsolète.

Les auteurs n’esquivent pas la question de savoir comment on apprend. Ils convoquent pour cela des penseurs tels que Kieran Egan ou Spencer pour montrer comment la pensée pédagogique est passée d’une perspective évolutionniste à une perspective intégrant le psychologique, le social et le biologique. Ils cèdent à la tentation de faire dialoguer nature et culture et de voir en quoi l’embryologie de l’intelligence de Piaget rencontre le développement social de Lev Vygotski.

Nos trois philosophes évoquent enfin une phénoménologie de l’apprendre. Ils dépeignent le rôle essentiel du langage, le labyrinthe de la signification, l’expérience singulière qui dépasse la seule adaptation à son environnement.

La dernière question résonne comme le titre d’un ouvrage de Enlart et Charbonier : Faut-il encore apprendre à l’heure d’internet? Ce faisant, ils évoquent la naissance d’un nouvel humain baigné dans une culture des écrans et de l’influence croissante d’internet sur les esprits. Cependant si les auteurs repèrent la masse d’informations disponibles, ils mettent en garde sur la confusion existante entre l’accès à une information et la capacité de rechercher, de construire un savoir et de se questionner qui font appels à la maitrise de capacité logique et de questionnement.

Cet ouvrage est utile à deux titres aux DRH, d’une part il leur montre quels sont les déterminants qui influencent l’apprendre chez les nouvelles générations qui débutent leur vie professionnelle avec des repères parfois incompris au sein des organisations, d’autre part, il ouvre des perspectives pour équilibrer dans la formation professionnelle les apports de contenus et les méthodes d’apprentissage combinant learning by doing, apprentissage avec les pairs, résolution de problèmes, plaisir d’apprendre, apprentissage au moment utile, apprentissage informel en situation et bien entendu usage d’internet.

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