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Publié par CRISTOL DENIS

La vision romantique des dirigeants sur le leadership leur attribue le beau rôle. Ils créent la vision, bâtissent des équipes, alignent les énergies, mettent en place des stratégies pour lutter contre la résistance au changement, ils rétribuent les bons comportements et sanctionnent ceux qu’ils jugent néfastes. Le type de communauté qu’ils font apparaitre sont les communautés rétributrices. Elles excluent pensées divergentes et contributeurs réputés fragiles.

La communauté peut aussi être restauratrice par son pouvoir de discussion et de dialogue. La prise de responsabilité pour le collectif soigne chacun : celui qui s’engage et la communauté pour laquelle il le fait. La communauté restauratrice soigne les déliaisons dont chacun est affecté. Elle lutte contre la fragmentation, l’incivilité, le chacun pour soi. Ce qui crée la communauté c’est la conversation qu’elle a avec elle-même, c’est le récit qu’elle fait d’elle-même la projection dans le futur qu’elle s’autorise.

Le futur de la communauté peut devenir au choix une conversation rétributive ou une conversation restauratrice. Dans le premier cas, il s’agit de poser le problème, de choisir la bonne méthode et ceux qui vont le résoudre et de les récompenser. Dans le second cas, les conversations menées ensemble sans exclure quiconque restaurent le futur. Passer d’une communauté qui résout des problèmes à une communauté qui habilite le futur signifie :

  • Orienter nos conversations vers le futur désirable plutôt que de les centrer sur les problèmes à résoudre,
  • Détourner nos conversations des fautes, des erreurs, des culpabilités, des imperfections et les orienter vers le don, la générosité les possibilités d’entraide,
  • Préférer la fabrique sociale la reconnaissance des contributions au seul respect de la règle
  • Mettre au cœur la vie collective
  • Mettre le focus sur les membres plutôt que sur les leaders
  • Commencer par avoir confiance dans le voisin le collègue immédiat restaure notre confiance dans le leadership

Tendre vers une communauté donnant forme au futur, c’est passer de l’idée d’être des êtres qui résolvent des problèmes, à celle d’êtres source de vitalité. Pour réussir ce passage, il s’agit de devenir reconnaissant, entrepreneur de la communauté, de se doter d’une libre volonté capable de créer le monde auquel on aspire. Le membre engagé d’une communauté se distingue du client, du consommateur ou du rêveur. Il se soucie du tout auquel il appartient. Il est comptable de la création du futur commun. Etre membre de la communauté c’est :

  • Choisir d’exercer son pouvoir d’agir plutôt que de déléguer
  • Entrer dans une approche restauratrice plutôt que rétributrice
  • Comprendre l’influence des membres plutôt que des seuls leaders
  • Faire passer les dons de ceux qui sont à la périphérie de la communauté en son cœur

Mettre la communauté au cœur de nos préoccupations, c’est inverser nos façons de penser au cœur de nos récits. C’est se départir de la personne centrale qui joue tous les rôles, c’est abandonner les relations simplistes de causes à effet.

Raconter l’histoire de la communauté c’est la faire advenir et en changer le destin

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