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Publié par CRISTOL DENIS

La mode est à l'apprentissage dans des learning labs et autres salles ergonomiques conçues pour faciliter les interactions. Quelle belle mode que voilà ! Il était plus que temps que les aménageurs de cubes, les gestionnaires de salle écoutent un peu plus les demandes et besoin des usagers plutôt que leur seule volonté d'organiser des boites à œufs (empilement de stagiaires les uns à côté des autres pour rentabiliser l'espace), ou de gérer les marchés de ménages (tables fixées au sol, parce que les formateurs mettent le bazar, et qu'il faut ranger après leur passage !). Enfin une volonté de fluidité, de couleur, de décloisonnement. Mon Dieu que les décideurs ont mis de temps à entrapercevoir les effets des espaces d'apprentissage.

A force de ne regarder que les unités de gestion, ils ont fini par se persuader que l'apprentissage pouvait se mesurer et qu'il pouvait aussi gérer ce paramètre si singulier. Aujourd'hui, donc, la tendance est à l'aménagement à la réflexion sur les flux, l'effet des relations entre des mobiliers, des équipements technologiques et des groupes en train d'apprendre. Encore une fois c'est une excellente chose, et il faudra des années pour revoir un parc immobilier vieilli conçu dans un paradigme de distribution cloisonnée des savoirs et non pas dans une volonté d'ouverture vers l'autre, la ville, l'environnement. Il s'agit désormais d'aller vers un paradigme de construction des savoirs par les apprenants eux-mêmes, n'en déplaisent aux chantres de la transmission, dont l'ambition masquée est surtout que rien ne bouge,

Intéressons nous de toutes nos forces aux espaces, mais faisons le en nous préoccupant de tous les espaces. Quand j'observe ma journée quatre espaces d'apprentissage sont pour moi essentiels.

Le premier espace est ma propre maison. J'apprends chez moi en pyjama, je me connecte, je lis, je bricole mes pensées à loisir, sans autre forme de procès, sans parfois de méthode, à l'instinct sur la seule force de ma motivation. Apprendre en pyjama c'est décontracter la passion d'apprendre d'une pression sociale, je le fais pour mon bon plaisir, sans le regard de l'autre.

Le deuxième espace est celui des transports. En tant qu'urbain (cette catégorie progresse partout dans le monde), je dispose de temps de transit qui croissent de moment où je peux mobiliser mes pensées pour m'échapper d'une foule qui m'oppresse. Assis dans mon bus mon tram ou mon métro je peux lire, conduisant dans ma voiture j'écoute la radio, je m'informe et j'apprends. Le métro Parisien est la plus grande salle de lecture du pays. Des millions d'ouvrages, magazines, journaux y sont lus.

Le troisième espace est "on the job". C'est au travail que j'éprouve ce que je sais. Mes collègues, mes clients, mes chefs, mes fournisseurs, toutes mes parties prenantes m'apprennent et me renvoient des signaux qu'avec l'âge (et oui on vieillit), j'essaye d'écouter pour apprendre. Le travail est un espace clé.

Le quatrième espace, je l'appelle "nez au vent", c'est l'idée de la réintroduction de l'homme dans la nature. J'apprends de la nature et sur ma propre nature. Ce lien essentiel à l'énergie vitale qui nous entoure, pensez aux immenses nuages, à la majesté des forêts, au va et vient incessant de la mer. Cet espace me remue en profondeur.

Alors oui, il faut repenser les salles de formation, mais il faut prendre garde à les articuler avec les autres espaces (je ne les ai pas tous citer), pour une meilleure unité de l'homme, une meilleure connexion avec lui-même, les autres et l'environnement. Il s'agit de se rappeler pourquoi on apprend et en vue de quelles finalités.

Apprendre en pyjama, pressé comme une sardine, "on the job" ou le nez au vent
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