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Publié par CRISTOL DENIS

Des mauvais génies veillent dans le ministère de l'éducation nationale. Régulièrement, ils sortent de leur carton des expressions incompréhensibles, pour le commun des mortels. Mais après tout à quoi bon se faire comprendre quand on a raison tout seul entre nous? Les textes qui nous font rire aujourd'hui sont destinés à un entre soi de technocrates pas à être utilisés par des enseignants et encore moins par des familles.

On s'amuse des bévues des élèves dans les copies d'examen, on peut faire de même avec les textes ministériels. Jadis on moquait les "référentiels bondissant" (ballons), aujourd'hui on recommence avec les "duels médiés par une balle ou un volant" (match de tennis ou de badminton), la "méthode spiralaire" (parcours scolaire), ou encore "se déplacer (...) dans un milieu aquatique profond et standardisé" (nager dans une piscine). Mon préféré est le poétique "aller de soi et de l'ici vers l'autre et l'ailleurs" (pratiquer une langue régionale).

Cela prêterait à rire de bon cœur, si ce manque de bon sens, était financé avec autre chose que de l'argent du contribuable.

Ce langage technocratique de l'éducation nous rappelle que les politiques ne sont que partiellement responsables de la déshérence de l'école (150 000 décrocheurs par an, qui se cumulent année après année), ils sont vaillamment secondés par une élite bureaucratique qui prend plaisir à dévoiler sa science, très éloignée du terrain.

La précision du langage n'est pas une excuse à la finalité poursuivie, avoir un impact sur le réel, tendre vers l'idéal d'une éducation égale pour tous. L'habillage prétentieux ne cache rien. Le roi est nu. L'administration ferait mieux d'aller sur le terrain et d'aider concrètement les enseignants qui peinent à tenir tous les rôles éducateurs, instructeurs, professeurs, moralistes et parfois sont mêmes en remplacement des fonctions familiales. A moins que justement tout l'idéal de carrière de certains soit d'échapper à la difficulté d'enseigner et de gagner une place au ministère, dont il est hors de question de repartir ?

Face à cette nov'langue bureaucratique, chacun doit prendre ses responsabilités. L'opinion doit dire stop arrêtez, les enseignants doivent reprendre la main sur les contextes d'enseignement et avancer selon leur vocation, les familles doivent s'investir à côté de leurs enfants, les élèves sont aussi les premiers responsables de leur destinée scolaire. Ils ont leur libre arbitre entre se plaindre des injustices éducatives (elles sont criantes), ou faire le mieux possible là où ils sont.

Ce qui se joue derrière la langue c'est une vision du monde accessible proche du réel ou bien au contraire orgueilleux éloigné et finalement méprisant les autres.

Où nous méne le langage technocratique de l'éducation ?

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