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Publié par CRISTOL DENIS

Certains s’acharnent à réduire la formation professionnelle à l’apprentissage d‘un geste professionnel, à imaginer qu’elle ne sert qu’à se classer dans une société dans l’échelle des mérites et des récompenses. Ils élaborent à l’envie des référentiels de compétences, d’évaluation, de certification etc., et cherchent par ces normes à contrôler l’ordre des savoirs. Des systèmes se sont élaborés pour borner ce champ, le contrôler, dire ce qui vaut d’être appris (et financer) et rejeter ce qui est suspect de rompre l’équilibre. Ces systèmes forment un langage compris par une petite tribu. Pensant ainsi, ils finissent par empoisonner ce que je considère comme le plus grand moteur de l’apprentissage : l’envie d'apprendre. Ils bâtissent pour eux-mêmes des places de contrôleurs, de négociateurs, de répartiteurs bien éloignées de la vie de ceux qui apprennent. Car apprendre c’est vivre, et nul ne peut prétendre contrôler la vie des autres.

Ils font de grandes déclarations, des pétitions de principes sur ce qui vaut pour les autres et participent ad nauseam aux inégalités qu’ils prétendent combattre. La liberté pour apprendre est le seul remède aux inégalités. Le seul but valable de l’apprentissage c’est l’émancipation, c’est la participation libre à la société, c’est le soutien de toutes expressions d’envie d’apprendre et non l’organisation d’un quelconque contingentement, au nom d’une question de gestion des ressources. L’envie d’apprendre est consubstantielle à celle de vivre, elle ne saurait être limitée. Il est de multiples façons d’apprendre qui engagent plus d’autorisations que de moyens à ponctionner sur une cagnotte. Sortir de l’esprit de cagnotte et revenir sur les fondamentaux : on apprend à partir du moment où l’envie est accompagnée et peut s’exprimer. On apprend le plus souvent dans sa situation de travail, dans sa vie pour peu que les organisations l’entendent et le concèdent, le facilitent.

La formation professionnelle devrait devenir un oui inconditionnel à la vie plutôt qu’une chasse au trésor d’un budget, qui du reste se raréfie. Il est plus que temps de promouvoir une culture où chacun aide l’autre à apprendre là où il est.

Voici les points clés que nous devrions promouvoir :

1 - L'envie d'apprendre est une liberté personnelle qui ne saurait être limitée, le oui inconditionnel à l'apprendre fait grandir

2 - Les organisations devraient faciliter l'apprentissage en situation de travail par tous moyens

3 - Le rôle premier des cadres, managers et dirigeants est de créer les conditions sociales, technologiques, organisationnelles favorables à l'acte d'apprendre de chacun

4 - La culture de l'apprentissage est le principal capital d'une société, elle doit être soutenue et faire l'objet de débat et pas seulement d'arbitrage technique entre spécialiste

5 - Celui qui a le plus reçu doit être encouragé à donner plus encore en retour

6 - Le temps, l'attention, l'envie sont les vraies ressources de l'apprentissage, il convient de les placer au cœur des réflexions individuelles et collectives

7 - La capacité d'apprendre à apprendre est au cœur de ce qui fonde la perpétuation des inégalités ou la possibilité de s'émanciper : cela doit être un axe prioritaire et non pas un slogan

8 - La technologie est un moyen pas une fin, une idéologie ou un prétexte pour ne pas changer

9 - Apprendre est avant tout apprendre pour la communauté humaine qui nous héberge pas pour son seul profit

10 - Apprendre est une aventure personnelle parfois difficile qu'il convient de reconnaître et d'encourager dès qu'elle s'exprime

L'envie d'apprendre est première

Commenter cet article

Isabelle Géhan 28/06/2015 06:42

Je partage entièrement ce point de vue, et suis heureuse de le lire de cette plume-là en particulier.

CRISTOL 28/06/2015 06:53

Merci Isabrlle