Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

Joseph Stiglitz est un économiste américain qui nous met en garde contre le fanatisme du marché et de la financiarisation de l’économie. Il a acquis son prix Nobel d’économie en 2001 en dénonçant déjà la cupidité sans limite qui s’observe sur les marchés financiers. Stiglitz est l’un des rares à avoir anticipé la chute des marchés financiers et à prédire le krach. Il a démontré dans ses travaux que l’asymétrie d’information entre les professionnels des marchés et le public joue systématiquement en faveur des professionnels. L’opacité demeure la règle et l’effort de transparence impulsé par les états est extrêmement faible face à des prises de risque débridées. La cupidité triomphe de la prudence. La finance et l’ensemble des produits imaginés échappent à tout contrôle. Le crédit devient prédateur par le moyen des cartes de paiement que les banques ont su imposé aux commerçants. Pour Stiglitz la protection des consommateurs est insuffisante face à des acteurs peu scrupuleux qui n’ont aucun état d’âme pour les exploiter. Ainsi encouragé, l’endettement individuel progresse au-delà de toute raison. Les malfaçons du capitalisme américain, face auquel l’état parait impuissant, finit par laisser la place à d’autres puissances économiques, la chine s’impose comme un débiteur incontournable dans un monde qui devient multipolaire. Pour Stiglitz, le marché a changé nos modes de pensée et déformé nos valeurs. C’est une crise financière mais surtout une crise morale à laquelle on assiste. C’est pourquoi c’est l’ensemble des sciences économiques qui doivent être réformées. Le marché n’est pas du tout ce que prétendent les auteurs classiques le meilleur outil de régulation de l’offre et de la demande. Bien au contraire de nombreux cas de monopoles ont réussi à étouffer toute concurrence et toute possibilité d’innovation pour renforcer leur pactole, alors même que l’innovation pourrait constituer une voie de développement économique. Pourquoi nos hommes politiques et l’ensemble de nos dirigeants sont-ils incapables d’écouter un homme avisé qui met en évidence, la faiblesse des mesures prises en Europe ou aux USA ? Pourquoi alors que les désordres sont déjà importants que les inégalités croissent, que la pauvreté perdure alors que les richesses sont immenses mais mal réparties, que la crise environnementale est déclenchée pourquoi personne ne parvient à repenser notre modèle économique ? Dans l'entreprise et en particulier en matière de ressources humaines la première chose à faire serait de dévaloriser les comportements individualistes qui font le lit de la cupidité et de valoriser le jeu collectif.

Commenter cet article