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Publié par CRISTOL DENIS

Né avec le monde industriel et celui de la grande administration bureaucratique, il y a un plus de 150 ans, le management est en train de s'éteindre. Non pas emporté par la chute du capitalisme, qui continue à s'adapter et proliférer, mais par son inadaptation aux façons de vivre et de penser contemporaine. Quelques uns ne peuvent plus dominer la masse sans discussion.

Manipuler, gérer, dominer commander les autres devient un sacerdoce. Les rapports sociaux se sont à tel point complexifiés, les tâches sont tellement devenues invisibles, enrichies de considération subjectives, multi-disciplinaires, elles sont tellement imbriquées dans le social qu'il n'y a d'autres possibilités que d'apprendre à collaborer. Le rapport de force est d'un autre âge, il est concurrencé par un rapport au savoir librement et individuellement construit.

Hors, la collaboration est exogène au management qui connait surtout la coordination, les agencements de fonctions, de tâches et de rôles. Le management est basé sur la mesure, le contrôle, la rationalisation. L'émotion et l'imagination sont toujours suspectées ou tenues en laisse. Tout le monde sait à l'évidence que les organigrammes formels sont une façade des riches fonctionnements des organisations de travail, qu'une majorité de dirigeants persiste à se contenter de gérer, obnubiler par la pression des chiffres, en oubliant de s'inscrire dans le futur, dans leur propre vie, dans celle de leurs collaborateurs et des territoires qui les abritent.

Les pratiques managériales et les écoles qui les portent, et ne font aucun effort pour changer, seront emportées par manque d'empathie avec le temps et les problématiques actuelles : environnementales, sociétales, démographiques, économiques et éthique. L'anomie est ce mot qui désigne un monde dont les valeurs s'écroulent et dont les nouvelles tardent à apparaître.

Les soubresauts de ces entreprises géantes qui ne tiennent : qu'en évitant de payer des impôts (google, microsoft, facebook), qu'en devenant tellement grandes qu'elles ne pourraient choir (les banques), qu'en trichant (ententes entre opérateurs téléphoniques, société pétrolières, cimentier), qu'en s'appuyant sur des subsides publics (industrie automobile). Les dirigeants de ces entreprises devraient se souvenir qu'elles n'existent que pour servir des consommateurs-citoyens-usagers et non pour se servir, sinon elles finissent par être rejetées. L'économie a pris une telle place, qu'une exigence de probité et de sens moral pèse, une part d'irrationnel, de sens du collectif et d'imagination est à reconquérir qui s'accorde de plus en plus mal avec la rationalité et la solitude managériale.

Le management est à l'agonie

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