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Publié par CRISTOL DENIS

Certains professent qu'ils aiment transmettre, ce faisant ils déclarent que ce qui est important pour eux est issu d'un geste qu'ils contrôlent. Ils initient le mouvement et attirent l'attention sur ce qui vaut d'être transmis et ce qui ne vaut pas. Ils montrent un signe. Littéralement, ils enseignent. Ils utilisent un vocabulaire, choisissent un ordre d'apparition des idées en fonction de ce qu'ils jugent prioritaires et de ce qu'ils connaissent eux.

Cette maîtrise des signes, les plus valorisés dans la société, classe les sachants en bonne posture pour influencer la façon de penser le monde, sur les critères qui s'imposent en même temps que le contenu qu'ils prodiguent. Ils affirment qu'ils convient d'être juste dans le propos quand bien même celui-ci conduit à des injustices.

Cependant nous assistons à une concurrence des signes. Avec internet, chacun prend l'habitude de consommer et d'émettre ses propres signes. Les deux polarités de la communication sont désormais libérés : chacun reçoit et simultanément émet. Cette libération autorise une plus grande force d'existence à chacun que rien ne saurait endiguer.

Ces constats nous amènent à penser que l'enseignant, le formateur, le maître doivent revaloriser d'autres gestes fondamentaux que la transmission, à savoir : l'expression critique de son expérience et la circulation de celle-ci entre tous. Ce qui vaut n'est ce pas la singularité d'une expérience à partager, un point de vue relatif sur le monde, de bonnes questions, plutôt que de mauvaises certitudes? Pour ce qui concerne les sciences humaines c'est une absolue évidence, il n'y a rien d'assuré sauf peut être que l'échange se poursuive. Il n'y a aucune vérité historique, sociologique ou psychologique qui subsiste au temps qui passe. Selon les critères valorisées par une époque ce qui est un crime, une impasse ou un non sens, s'explique en un autre temps d'une autre façon.

Avoir la modestie de ne pas arrêter la course des savoirs et de leur interprétation est un point majeur sur lequel on devrait s'attarder à un moment ou le savoir est plus que jamais un flux et de moins en moins un stock. Réapprenons à nous poser des questions qui vaillent.

Transmettre du savoir ou faire circuler de l'expérience?
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