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Publié par CRISTOL DENIS

Plusieurs participants du dispositif « Apprendre ensemble » se sont inscrits à ce que l’on désigne aujourd’hui souvent comme un MOOC. S’il s’agit d’un MOOC, ce qui n’est pas si évident pour moi, laissons les spécialistes décider, c’est un MOOC connectiviste qui s’appuie sur le présupposé pédagogique de l’énaction.

L’idée de MOOC connectiviste réside dans l’idée d’apprendre les uns avec les autres, les uns des autres, les uns pour les autres. Elle engage de l’horizontalité des objectifs qui se définissent individuellement et se combinent collectivement. L’exemple du MOOC ITYPA était à cet égard exemplaire. Il a notamment permis d’atteindre un objectif de consolidation d’une communauté de professionnels plus à l’aise avec les technologies du WEB, de se construire des environnements personnels d’apprentissage et de revoir leurs pratiques socionumériques. Ce type de processus se nourrit de l’énergie de ceux qui donnent de leur envie, de leur temps de leur motivation pour le collectif ; qu’ils soient tous remerciés pour avoir initié le mouvement. Ils ont fait le premier don. A nous de proposer un contre-don et de proposer d’autres initiatives.

L’idée énactioniste renvoie aux travaux de neurosciences de Francisco Varéla. Pour faire simple l’on apprend chemin faisant. Notre cerveau est stimulé par son environnement et au fur et à mesure qu’il est stimulé, les connexions entre les neurones se modifient, dès lors, la succession des événements auxquels un individu est confronté dans cet environnement est la source des apprentissages. Suivant ce principe, pour favoriser des apprentissages autonomes, il s’agit moins de baliser tout un « parcours de formation », avec ses étapes et ses obstacles à franchir, qu’à poser dans un environnement des ressources, des indices, des obstacles des défis à relever ou éviter. Certains diraient, il s’agit de créer un environnement capacitant, rendant capable d’agir. La structure prend forme une fois le chemin accompli comme lorsque l’on découvre le paysage du haut de la montagne après l’effort de l'escalade.

Dans le voyage proposé, il ne s'agit pas de donner aux participants tous les outils et le plan détaillé du bateau mais le désir de la mer et du grand large, alors ils iront vers les outils et construiront eux-mêmes le bateau pour naviguer. La question centrale est comment renforcer l'envie, comment faire embarquer chacun, l'endroit où les gens aborderont ce sera l'Inde ou peut être découvriront ils l'Amérique? A eux de voir. A chacun d’aider les autres à hauteur de son savoir, de son pouvoir et de ses moyens. Plus on sait plus on est responsable pour soi et au service des autres.

Le voyage ensemble n'importe-t-il pas plus que la destination? Et si on est en bonne compagnie, toujours soutenant les uns envers les autres, n'est-ce pas là que naissent les opportunités? De projets? D'apprentissage? D'emploi? De rencontres imprévues et nourrissantes?

Mon approche se situe là dans un regard inconditionnellement positif sur toutes les possibilités des personnes. "Si on traite un individu tel qu'on croit qu'il est, il restera ce qu'il est, si on traite cette personne telle qu'on croit qu'elle pourrait être alors elle le deviendra".
Apprendre ensemble c’est se coltiner avec la difficulté de faire avec des autres différents, qui ont des rythmes différents, des envies différentes, c’est s’interdire de fixer des objectifs, mais de les remplacer par des intentions et de faire grandir l’intention commune. C’est pourquoi l’altérité, l’empathie et le souci de notre environnement qui nous porte semble à mes yeux si importante. C’est pourquoi, il semble si important d’apprendre à se disposer dans notre environnement, disposer notre corps (se toucher, être bien dans son corps), disposer notre esprit (méditer), disposer notre attention (se tourner vers les grandes causes humaines). S’il peut y avoir un bénéfice dans cette exploration collective, c’est peut être celui d’enrichir nos postures, notre sécurité ontologique, notre envie d’être au monde et de le partager.

Apprendre ensemble un processus énactioniste et connectiviste
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