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Publié par CRISTOL DENIS

L'idée d'échange ou de partage des pratiques entre pairs fait son chemin. Mais de quoi parle t-on au juste?

S'agit-il d'une survivance d'un idéal aristocratique, avec l'image des chevaliers de la table ronde, chacun placé à équidistance autour d'une table pour marquer une parité d'estime? On retrouve cette trace dans les pairs du royaume uni ou "la chambre des pairs" qui était la chambre haute sous les deux restaurations en France. Les pairs du royaume se devaient d'être en harmonie avec le roi. Ils étaient des princes de sang et accédaient à la dignité de pair par hérédité. La paierie accorde alors des droits et des devoirs particuliers aux détenteurs de cet attribut social.

Evoque t-on la parité entre chercheur et la pratique qui consiste en une évaluation croisés des travaux de recherche? L'idée que seul celui qui est baigné par les mêmes questions et possède un bagage scientifique équivalent que celui qu'il évalue est à même de critiquer, voire d'enrichir une pensée.

Nous situons nous dans une visée moderne du pair, membre d'un groupe d'échange des pratiques (cf; Les travaux d'Etienne Wenger). Celui qui est pair est celui qui exerce la même activité professionnelle que l'autre. Le groupe connaît alors une forme d'homogénéité quand à ses usages professionnels, le partage de contextes de travail,la maîtrise d'un ensemble d'outils, de préoccupations disciplinaires, de contraintes et de clients. Même atténué quant à l'accès au groupe, il s'agirait d'une forme d'héritage corporatif à visée de formation mutuelle comme pour l'exemple des groupes de pairs de médecins.

A partir de ces trois exemples, le groupe de pair apparaît dans le même temps comme une forme d'entre soi, un espace de préoccupation commune, de réalisation commune de pratiques, il autorise la mise en commun, le débat et aussi une forme de reconnaissance avec des inclusions et des exclusions entre ceux qui sont des pairs et ceux qui ne le sont pas.

La question que l'on peut se poser est qui décide qui est un pair? Comment le pouvoir de connectivité d'internet peut-il brasser de nouveaux groupes? Les futurs groupes seront-ils moins resserrés sur des questions qui touchent une même catégorie de membres et plus ouverts à d'autres questions? Internet peut-il démocratiser les relations professionnelles en favorisant l'introduction dans les "groupes de pairs" de membres atypiques, marginaux, curieux porteurs de questions ?

Si le cercle est le symbole des groupes de pairs celui-ci peut-il aussi se tourner un peu plus vers l'extérieur et poser un regard qui dépasse le seul champ de la discipline qui réunit?

Allez plus loin : un exemple d'installation de communauté de pratique à la CEGOS

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Photo Percolab

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