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Publié par CRISTOL DENIS

Le sociologue Michel Maffesoli fait part de sa vision post-moderne de la pédagogie qui s’efface au profit d’un monde de l’initiation. Voilà ce que je comprends de ses propos.

Le monde de la pédagogie

Dans le monde de la pédagogie, l’éducation est un savoir imposé. La relation de pouvoir est très présente. Il s’agit d’un monde « optique » dans le sens où le projet prédomine. On se projette vers le futur. La perfection est au cœur de ce monde dichotomique du bien et du mal. C’est un monde occidentalisé, au sein duquel le régime diurne de l’imaginaire prend toute sa force. Un monde viril ou les objets contondants soc de charrue, glaive dominent. Dans un tel monde le proche éloigne par sa rigidité : c’est le règne du logos spermaticos. La thématique de la liberté est omniprésente, mais cette liberté est inculcation d’un « petit soi » par le processus d’éducation. Le savoir est enseigné, mais c’est un savoir hors sol. L’image qui vient est celle de la bibliothèque du monde des parallèles euclidiens. Les rayonnages de livres qui se font face prétendent expliquer le monde (de explicare lui enlever ses plis). Ce monde s’étiole.

Le monde de l’initiation

Le monde de l’initiation est un monde marqué par le triptyque « apprendre, se déprendre et faire apprendre ». L’éducation change de sens elle s’attache plus à l’idée de connaissance de « naître avec » elle soutient une valorisation de l’auctoritas « ce qui fait croitre ». C’est un monde plus immédiat plus proche, un « monde tactile ». Un monde qui s’orientalise. La circumnavigation internet rend proche même le lointain. Elle ouvre au régime nocturne de l’imaginaire, les objets qui le caractérisent, sont des objets qui reçoivent. Ce monde est celui des frères il est fait d’horizontalité, c’est la loi des frères. Il est possible d’évoquer l’invagination du sens pour décrire cette part féminine qui se développe. C’est désormais la ratio seminalis qui l’emporte cette raison accueillante. Les processus d’éducation laissent la place au processus d’interaction favorisant l’apparition du « grand soi ». C’est un monde d’initiation, ou d’accompagnement dans le monde de la connaissance. L’explication cède la place à la compréhension. La connaissance est ancrée dans des pratiques et des expériences. Cette expérience où l’on périt à soi pour naître à l’autre. Les lieux de savoir se font lieu de regroupement et de co-action.

La pédagogie post-moderne

Commenter cet article

Damien 18/12/2015 19:58

Mal de crâne.
La fin est plus "digeste" que le début ;-)

cristol 18/12/2015 09:16

Oui c'est bien Gilbert Durand auquel fait référence Maffesoli

Sébastien BAETA 18/12/2015 08:49

Un résumé intéressant, je ne connaissais pas chez Maffesoli cette thématique de l'éducation sous l'angle des imaginaires, une référence bibliographique ?
Cela est peut-être inspiré des travaux de Gilbert Durand sur Les structures anthropologiques de l'imaginaire dont s'est inspiré Pascal Galvani dans ses travaux sur l'autoformation. Lui, comme d'autres (René Barbier...) se sont d'ailleurs intéressés à des approches plus orientales de la formation (avec Krishnamurti par exemple). Merci pour cet éclairage.