Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

Nombre d'études montrent qu'il n'y a pas de différences significatives en matière de pédagogie selon que l'on utilise ou non le numérique.

La compilation de 355 rapports de recherche montre notamment que les outils et pratiques numériques ne sont pas suffisants pour augmenter les rétentions d'information, développer des meilleures qualités d'analyse et de compréhension, accélérer les apprentissages, ou encore améliorer la motivation des apprenants.

Les éléments saillants s'orientent plutôt vers le besoin de pédagogues qualifiés, utilisant à bon escient des méthodes adaptées à leurs contextes et publics.

Dès lors la problématique de l'évaluation des effets du numérique en formation se pose :

- que souhaite-on évaluer? Les effets sur un individu ou une société ? Les motivations? La réalisation d'économies d'échelles? Les impacts sur les métiers? Les changements de gestes professionnels? Les bouleversements de modes d'interaction de style de communication ou de management? Les évolutions et incidences sur des politiques publiques?

- quel périmètre définir? Un stage? Une formation? Un organisme de formation?

- quelles attentes de résultats? S'agit-il d'attentes institutionnelles, collectives, individuelles?

- quels outils mettre en place? des observations? des mesures individuelles? des questionnaires qualitatifs? des repérages statistiques?

- quel public cibler : les apprenants? Les concepteurs des dispositifs? Les prescripteurs?

- à quelles temporalités reprendre ces questions?

- quel est le rapport entre le coût de l'évaluation et le bénéfice de révéler des phénomènes ?

- quelles transformations des offres le numérique permet-il?

Si la question du numérique pose tant de question c'est qu'elle produit des effets. Les imaginations sont enflammées par un potentiel qui ne se réalise pas toujours. C'est pourquoi il serait souhaitable de capitaliser sur ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. Il est important face à la dissémination actuelle des pratiques numériques d'en vérifier la teneur et la pertinence.

Evaluer les usages et l'impact du numérique

Commenter cet article

CECI jean-François 26/02/2016 19:11

Le livre a été écrit en 2001 à priori. Nous n'étions pas encore entré dans l'ère numérique. le grand public n'avait pas un smartphone dans la poche, tout au plus un gros téléphone portable. les usages du numériques étaient pauvres et chers (facturation de l'internet au forfait horaire).
je pense donc que cela apporte un biais dans ces enquêtes si on veut les relier aux usages du numérique de 2016.
Pour autant, je suis d'accord que les mauvais usages du numérique n'apporte rien en pédagogie et même viennent perturber l'apprentissage.
reste a savoir quels sont les bons usages du numérique, ceux qui enrichissent l'apprendre.

Andie FAGG 29/02/2016 10:25

Je suis d'accord avec toi, Jean François et aussi avec les autres participants. Simplement, je voudrais ajouter que pendant le forum EIDOS64, Franck Amadieu, a parlé sur "l'élève 2.0 est-il plus compétent avec le numérique?". Je pense que ses publications sont bien d'actualité et necessaires pour la réflexion.

Rieu Marie-Antoine 24/02/2016 08:50

Le numérique n'est pas la panacée, on savait cela en tant que pédagogue. Comme pour la formation en présentiel, il faut inventer des pratiques actives et une co-construction entre les apprentis - et les profs aussi apprennent.

Cristol 24/02/2016 08:42

Merci Denis

bismuth 24/02/2016 08:18

acheter un stylo n'est pas la meilleure manière d'apprendre à lire. mon expérience du Français Langue Etrangère avec des publics aussi différents que des travailleurs immigrés en fin de carrière et des jeunes étudiants venus étudier à l'université en france m'a permis de constater qu'avec une meme approche si les étudiants étrangers parlaient et écrivaient couramment en quelques mois les publics immigrés ne progressaient pour ainsi dire pas. Je me rappelle d'une histoire racontée par un ami qui avait vécu en algérie du temps de la colonisation et qui avait lancé avec le soutien d'une personne du village qui voulait apprendre à lire, une action d'alphabétisation. Cette personne passait plus de temps à courir après les subventions et les soutiens qu'elle n'en passait en cours. paradoxalement elle a su lire avant les autres.
aucune méthode n'apprend à quoi que ce soit à quiconque. parcequ'on apprend jamais rien à personne. l'apprentissage est une affaire privée même si on apprend pas tout seul. la question est d'abord de savoir quel intérêt la personne a à investir l'outil ? depuis l'invention de la vidéo jusqu'à l'ordinateur on rêve d'automatiser l'apprentissage et de trouver l'outil miracle. Ce serait bien d'arrêter de perdre son temps et de s'occuper de mettre en place des contextes dont peuvent s'emparer les apprenants; avec ou sans les outils

Sébastien BAETA 24/02/2016 10:21

Pour avoir travaillé auprès de publics d'enfants en France et à l'étranger et désormais auprès de publics adultes en Français Langue Etrangère, je rejoins complètement Denis sur l'importance d'échanger sur les types d'action qui fonctionnent (je crois à l'importance de faire Participer-S'exprimer'Echanger autant les formateurs que les formés) et je rejoins Bismuth sur la question fondamentale des Contextes, je parlerai quant à moi des Conditions d'apprentissage : quels lieux, quelle place est faite aux personnes, comment les accompagner ? Quelle disponibilité leur offrons-nous ? Même si je crois pourtant à l'importance de définir collectivement une méthode de travail souple (ce que limite forcément l'adoption préalable d'une méthode pédagogique). C'est ce que j'expérimente actuellement à petite échelle au travers d'un atelier d'expression journalistique en ligne : un webzine rédigé par des étudiants allophones.