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Publié par CRISTOL DENIS

La question que je me pose est : quels usages du numérique peuvent-ils contribuer à renforcer l'apprendre ensemble et l'apparition de fonctionnement plus démocratique?

Cette question semble clé à un moment où les écrans envahissent nos vies, à un moment où sans vergogne les champions du marketing, et de la politique nous assènent leurs réclames, et tendent à monopoliser la parole, et l'image.

Internet en immense agora offre des moyens de parole et de réunions à ceux qui le souhaitent, bien entendu les grandes sociétés cherchent à conquérir leur part d'audience, et présentent leur réalité, mais des initiatives singulières naissent régulièrement, et essayent de se constituer en collectifs dotés de leurs propres règles. Ces collectifs consomment une énergie folle pour être à la fois des espaces instituant et accueillant, des espaces structurant et des espaces d'échange. Les membres de ces collectifs embarquent avec eux leurs représentations, légitimités et croyances en provenance des mondes professionnels et privés qu'ils fréquentent. Ils prennent à leur compte les habitudes de penser qu'ils ne questionnent pas toujours.

Paradoxalement alors que d'aucuns affirment que le potentiel du numérique peut transformer les modes d'interactions et les relations, il ne fait souvent que les prolonger.

Faire émerger un leadership partagé, une meilleure circulation de la parole et des pensées est donc bien difficile.

L'expérience du cercle "apprendre ensemble" montre que l'émergence d'un leadership partagé est certainement possible. Plusieurs facteurs de conversion vers une telle transformation d'un apprentissage démocratique sont repérables :

- un partage et une reconnaissance des rôles d'initiateur, de régulateur, de communicant, de technologue, d'ambassadeur, de logisticien, d'animateur, de facilitateur, de critique,

- une vigilance collective sur les rituels, les rythmes et les enchainements où chacun apporte une pierre à un endroit qui étaye l'édifice plutôt qu'il ne la jette n'importe où, où chacun contribue à un flux d'actions qui fait sens

- le partage de ressources matérielles et virtuelles (logiciels, compétences, temps, attention), sur les sujets d'intérêts communs,

- une facilitation, un cadre bienveillant et respectueux, une confiance qui se déclare moins qu'elle ne se construit par des engagements tenus, un effort logistique, une préparation pour le collectif

- des thématiques qui touchent car elles sont des questions authentiques et au cœur de nos vies et non de la rhétorique, l'enjeu est le partage

- des temps de présence conviviaux, dans des endroits agréables, sûrs et où il est plaisant de se rendre

Pour répondre à ces facteurs les usages numériques qu'il est possible de convoquer sont :

- la création d'espace de parole régulé dans un cadre ouvert mais protégé (groupe sociaux, blogs)

- la communication ouverte entre les membres sur les sujets qui les intéressent (forum, newsletter)

- la géolocalisation pour se retrouver en proximité

- les outils de communication et de dialogue synchrone ou asynchrone (messagerie, visio)

- les logiciels de repérage, stockage, partage de l'information (moteur de recherche, curation, flux, drive)

- les outils d'organisation et de structuration (logiciel de planification, de prise de rendez vous, d'agencement des tâches)

La maitrise de ces outils est certainement utile pour soutenir un effort d'apprentissage collaboratif et le renforcement d'effets démocratiques. Elle sera d'autant plus efficace que l'enjeu se centrera sur le bien commun.

La poule et l'oeuf démocratique : quels usages numériques

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