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Publié par CRISTOL DENIS

Bernard Lahire (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Lahire)

Auteur de Mondes Pluriels https://lectures.revues.org/8371

Les sciences sociales sont les sciences des variations et des resserrements.

- Ces variations sont inter-civilisationnelles, inter-religions, inter-époques, intra sociétés, inter groupes,

- Il y a aussi des resserrements, sur des thèmes par exemple sur les usages sociaux de l’école, de l’espace, de la photographie etc.

La sociologie étudie les variations de comportements à l’intérieur des sociétés données, ou de groupes donnés plus ou moins homogènes. Les variations inter-individuelles font partie de l’enquête. L’individu est un « objet sociologisable »

Mais, pour Durkeim le tout n’est pas égale à la somme des parties le tout est plus que la somme des parties.

Seignobos (https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Seignobos) pose la question "Ou se tient cette société qui se tient au-dessus des individus ?"

En effet, pour Durkheim la société est extérieure aux individus. L'enfant arrive dans une société avec des institutions, des coutumes, des droits, des savoirs, des usages déjà stabilisés.

Il y a une quasi-unanimité chez les sociologues (Marx, Lévi Strauss, Weber, Elias etc.) pour qui les individus font la société et que la société fait les individus.

Mais ce qui précède les individus est aussi porté par des individus. Les individus ne sont pas extérieurs à la société et la société n'est pas extérieure aux individus.

L'individu est souvent laissé aux psychologues par les sociologues. Les sociologues travaillent sur des faits collectifs extérieurs aux individus. Mais, parfois, ils utilisent des termes psychologiques qu'ils appliquent aux collectifs "esprit collectif", "âme collective" "conscience collective". Or la personnification des collectifs est un piège, Une institution ne pense pas, ce sont ses représentants qui pensent.

L'individu se définit comme un ça "organico-psychique", c'est ici de la bio-psychologie (Cf. Approches de la neuropsychologie de Changeux ou Dehaene). Nous avons le même type de cerveau, il y a donc des comportements universels. L'individu universel n'intéresse pas le sociologue car il ne permet pas d'expliquer les variations. De la même façon l'individu trop singulier "empirique", ne permet pas non plus d'expliquer les variations. Kaufmann utilise la métaphore de la barbe à papa pour décrire la complexité de l'individu. Les catégories statistiques permettent de sortir de la difficulté de la singularité et de simplifier. La mise en catégorie est arbitraire mais fait apparaître l'espace social.

Les catégories socio-professionnelles sont des modalités synthétiques et très explicatives. Pour Durkheim le social apparaît par les statistiques et les variations concomitantes

Chaque être humain est porteur du social et est aussi une partie singulière. Pour Durkheim il y a peu de chose de l'individu qui échappe au social, en tout cas tout est socialement étudiable c’est la sociologie qualitative (Becker), le récit de vie et la trajectoire individuelle, l’étude de cas, pour peu qu'elle s'inscrive dans un contexte social. Pour un sociologue il y a un risque de biologisation ou de naturalisation du social.

Nous sommes des prématurés sociaux. L'humain est une espèce particulièrement fragile, sans interaction avec lui le nourrisson meurt. L'espèce humaine dépend de la culture de ceux qui sont déjà là pour survivre. Le cerveau est un détecteur de régularité. Le cerveau fait des calculs de probabilité en permanence. Il y a beaucoup d'activités cérébrales inconscientes. Par exemple on entend son nom dans un brouhaha, on se sent concerné. Le cerveau peut faire cela car le monde présente des régularités. Les scanners nous montrent que le monde social est perceptible par l'épaississement des relations de neurones dans le cerveau. Les compétences sociales s'inscrivent dans le cerveau et cela prouve la socialisation.

Nous sommes le produit d'interactions sociales, elles sont durables quand elles ont été répétées un certain nombre de fois, d'où l'émergence de dispositions qui peuvent aussi s'appeler, inclination ou habitude. Tous ces mots ont en commun d'être des "anticipations pratiques" Ces anticipations associent une cause et un effet, sans connaissances spécifiques. On peut être "multi-tâches si l'une d'elle est "automatique" (exemple de la conduite). Nous sommes remplis de prédispositions pré-réflexives (rapports au temps, à l'espace, à l'espace, à l'autorité). Nous incorporons des dispositions en permanence. Il y a affrontement de dispositions dans la relation entre un professeur et des élèves, car aucun ne retrouve les schémas de relations familiales. L’écart est moins vrai pour les enfants de professeurs et enseignants qui se trouvent favorisés et réussissent mieux dans leurs études, car ils maîtrisent ce cadre de relation. Bourdieu utilise le mot d’habitus. Pour Bourdieu, l'habitus est essentiellement un habitus de groupe ou de classe. Pour Bourdieu il y a un lien entre disposition et habitus. Bourdieu définit l'Habitus : "système de dispositions durables et transférables"

(https://fr.wikipedia.org/wiki/Habitus_%28sociologie%29)

Pour Bourdieu les dispositions sont le produit de socialisation, elles sont fortes, mises en place dès l'enfance et confirmées en permanence, lié à un milieu dominant. Il existe des dispositions fortes ou faibles selon le temps de socialisation : de quelques heures d'initiation à des renforcements permanents. La systématicité, la récurrence, la transférabilité, la précocité de l'intériorisation de dispositions fabrique une "seconde nature" chez l'individu. Les individus ont des pratiques culturelles variées en fonction des espaces dominant de socialisation.

En résumé pour Lahire "Disposition + contexte = pratique".

Cette formule conteste la vision de Bourdieu "habitus + champ = pratique" car la vie n'est pas qu'un ensemble de champs au sein desquels les individus inter-agissent..

Le problème de l'individu en sociologie
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