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Publié par CRISTOL DENIS

Le monde administratif aime rédiger des notes de cadrage : pour action, de projet, d'intention. Il existe un nuancier complet de la note circulaire. C'est un art que de rédiger une note de qualité. L'un des premiers grades administratifs dans la fonction publique est d'ailleurs celui de "rédacteur". La culture écrite est le ciment de l'édifice bureaucratique et la note circulaire en est une brique. La qualité d'une note dépend de sa lisibilité, de sa précision, de l'exhaustivité des cas de figure anticipés. Parfois la folie du jargon technique s'empare du scripteur (j'allais écrire du scribe), c'est alors que l'on peut rire des "référentiels bondissants" qui évoquent les ballons dans l'éducation nationale, mais souvent une note de qualité permet de réguler des milliers d'actes administratifs en douceur. Une véritable petite loi organisationnelle qui facilite la vie de toute une communauté professionnelle. Les détracteurs de la note circulaire diront qu'elle va souvent trop loin dans le détail, que la prescription masque le travail réel, qu'elle coupe toute voie d'initiative ou de singularité. Peut-être, mais cela dépend de la façon dont elle a été conçue. Rendons lui grâce de s'efforcer de produire de l'égalité, d'introduire de la rationalité et de la neutralité, valeurs chères au service public.

L'usage du commandement se marie bien avec la note circulaire. Un bon ordre est clairement compris. Il permet de s'engager dans la résolution de problème. Il se doit de produire autant d'impact qu'un bon texte quand à l'engagement dans l'action. L'ordre projette vers le futur et permet d'anticiper par avance ce qui va/peut se passer. L'ordre donné avec conviction et précision produit un véritable passage à l'acte. Il rassure quand il est clair et fondé. Il organise aussi la responsabilité et la délégation associée.

J'entends déjà les détracteurs indiquer que "note circulaire" et "ordre" sont des pratiques dépassées que chacun devrait être libre du choix de ses engagements, que l'on passe trop de temps en paperasse et que donner des ordres appartient à un temps révolu, mieux vaut "influencer en douceur". Ils ont entièrement raison si l'usage de la "note circulaire" et de "l'ordre" s'appuient sur autre chose que la seule légitimité hiérarchique. Les conditions de préparation d'une orientation écrite ou orale sont aussi importantes que leur expression. Ainsi une note circulaire ou un ordre fruit d'un processus d'écoute, et d'élaboration collective, du partage de la représentation des critères d'évaluation ont plus de valeur qu'une guidance faussement participative d'un néo-management qui évite tout dialogue ou toute contradiction frontale.

Si le management s'est imposé comme technologie sociale, il faut regarder de plus près les pratiques effectivement mises en œuvre et se défier d'apriori positif ou négatif quand aux appellations de ces dites pratiques. Après guerre on parlait en France des chefs, l'acculturation américaine a introduit massivement le vocable de manager (un titre répertorié sur 2 y fait référence en France dans le répertoire national des certifications professionnelles), dont les référentiels d'action sont à examiner de près de même que les pratiques effectives.

Eloge de la note circulaire et du commandement

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