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Publié par CRISTOL DENIS

Le coaching est-il en train d'évoluer vers l'accompagnement?

Pourquoi faut-il un coach pour 50 habitants ?

Le fondement du coaching reste basé sur la rencontre d’un coach, d’une méthode et de clients. On estime aujourd’hui à  près de 15000 le nombre de coachs présents en France, c’est dire le chemin parcouru depuis 1988 et la création de Transformance, la 1ere école de coaching en France. Avec les années de crise entre 1991-1993 les cadres ont eu besoin d’être entendus. Le coaching est devenu un business, il s’est industrialisé. Finalement peu de coachs vivent exclusivement de cette pratique. Il serait même un métier de deuxième partie de carrière. La complexité actuelle génère le besoin de développer l’endosquelette des cadres, de les aider à se développer à l'intérieur plutôt que seulement renforcer leur exosquelette, le coaching est donc toujours en développement.

Les différents sens du coaching aujourd’hui

Le coaching n'est pas « une sagesse en kit ». C’est un métier de maïeuticien. Il s'agit de poser de bonnes questions. Avec le temps le coaching s’est enrichi de multiples sens. Ainsi le coaching :

  • aide des gens investis d’un pouvoir à travailler « un peu » leur développement  personnel sinon les équipes risquent « l’angoisse  de leurs certitudes »,
  • participe d’une approche système et le coach dans son intervention interroge constamment,  sa place,  son rôle  et sa contribution. Dans le système, le coach fait circuler de l'information,
  • n'est ni du conseil ni de la thérapie, il est tout en émergence, 
  • est une médecine de personnes en bonne santé, ce n’est pas un réparateur de carrière.
  • amène l'autre à trouver ses propres solutions, cela se passe par une présence inconditionnelle 

Le coach est traversé par la vie des autres. Il les aide à créer des chapelles intérieures. Il a une intention bienveillante. Enfin, il participe de l’immatériel car chacun est son propre maitre traversée par des choses qui nous échappent. Il agit dans l’instant présent, dans un espace hors du temps où « ça » se passe. La complexité des organisations actuelles conduisent à des questions vives.

Les questions vives

Les questions s’adressent aux managers. Ces derniers ne peuvent  plus seulement se contenter de donner des ordres. Pour les managers, les questions de soi dans le métier et de l'ambiguïté se posent en permanence. Il faut qu’ils disposent d’outils mais surtout que leurs postures évoluent. Les questions du coaching concernent les coachs. La pression sur le travail peut se résoudre par la supervision. Actuellement, les modifications accélérées qui affectent les organisations transforment celles-ci en essoreuses et  les coachs en éponge ce qui augmente leur risque de burn-out. La question des nouveaux espaces de construction d’identité professionnelle se pose. Il est difficile de s’engager avec sérénité dans  l’action quand les repères organisationnels sont volatils. Le coaching est parfois un lieu de recréation de l’identité, ou en tant tout cas un espace d’interrogation de celle-ci avec des facettes : de la relation au métier, au problème  existentiel, identitaire, managérial, professionnel ou confessionnel.

Le renouvellement des pratiques

Les pratiques se stabilisent comme le coaching en ligne, des tentatives d’ubérisation du coaching par le moyen de plateforme qui cassent les prix se mettent en place. Les médiations au travail prennent différents visages. Le mentorat apporte un début de renouvellement. La pensée chinoise envisage le coaching en réintégrant le vivant. Elle conduit à sortir du clivage entre le sensible et l'intelligible. Avec le taoïsme le vide et le retour à la nature changent les divisions occidentales. Dans le confucianisme c'est l'approche inclusive du groupe qui est privilégiée. Enfin, la référence au  bouddhisme apporte au coaching l’importance de la compassion de l'autre. Dans ce souffle, l’accompagnement est affaire de fluidité. La régulation naturelle est  à la base de la pensée asiatique. En effet, il y a un changement de paradigme dans des entreprises plus transversales et qui promeuvent codeveloppement professionnel et création de communautés.

En conclusion

Le coach est un homme de l’ombre il a abandonné le pouvoir, il recherche une lumière à l’intérieur. Mais, les termes de coach et de coaching sont tellement galvaudés que le terme accompagnement donne plus de sens. La SF Coach dans son processus d’accréditation promeut une éthique. Demain, les machines généreront peut-être des questions pertinentes mais pas l'accompagnement. Il reste difficile pour elles de faire preuve de discernement. Et voici en cadeau, 3 questions puissantes proposées par Jacques Antoine Malarewicz qui nous font travailler sur nos capacités de discernement :

  • En quoi votre demande correspond à votre besoin ?
  • Comment est-ce que vous faites pour ne pas changer ?
  • Comment aller vous vous servir de moi pour ne pas changer ?
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