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Publié par CRISTOL DENIS

 
Voici un ouvrage de 1973, qu'il est amusant de relire a un moment où la jeunesse tente d'imaginer de nouvelles voies pour exprimer sa façon d'être au monde. En effet cet ouvrage écrit juste après 1968 dans un contexte de révolution étudiante fait échos a une contestation larvée ou franchement exprimée, blocus de lycées, mouvements des indignés ou de Nuit Debout qui se déploie aujourd'hui. Ces expressions de rue trouvent difficilement un débouché politique, tellement le jeu des acteurs traditionnels s'est éloigné des besoins, de toute forme de  rêves ou d'utopies pour organiser des confrontations entre équipes de gestionnaires plus ou moins libéraux, plus ou moins protectionnistes, flattant maladroitement des identités citoyennes toujours projetées comme univoques. L'ouvrage reprend le débat entre des thèses marxistes, proudhoniennes voire Bakouniniene (cela ne  nous rajeunit pas). Le débat entre socialistes scientifiques et socialistes de l'utopie demeure. L'ouvrage rappelle les fondements de nouvelles approches pédagogiques pour la jeunesse comme par exemple la pédagogie active notamment avec les centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active (CEMEA) créés pour la formation des moniteurs de colonies de vacances en 1937 par le Front Populaire. L'organisation d'enfants en groupe d'âge la notion de grand groupe, le va et vient théorie-pratique participent à l'élaboration d'un modèle pédagogique de pouvoir collectif. 
 
Les questions posées il y a plus de 40 ans restent vives. Et il est toujours plus difficile d'y répondre quand en 1897 il y avait 131 000 élèves dans l'enseignement public, puis 3 700 000 en 1973 et plus de 12 000 000 en 2017.
 
La conclusion invite à un renouvellement de la discussion au sein de la jeunesse et parmi les forces de gauche concernant tant la théorie que la pratique d'une éducation socialiste, c'est à dire favorable à l'autogestion, et à un apprentissage plus collaboratif, à une place plus grande des élèves dans les institutions éducatives qui les concernent. Discussion vigoureuse lors de la dernière présidentielle française ou 6 prétendants sur 11 manipulent allègrement l'héritage idéologique de la gauche et revoient chacun à leur façon la place de chacun dans l'école, augmentant ou diminuant les ressources attribuées, mais finalement contestant peu l'architecture actuelle du système. Si la grille d'analyse marxiste renvoyant sans cesse aux questions de domination peut sembler décalée avec le vocabulaire actuel, les questions posées sur la place de l'enseignant et de l'élève en regard à l'autorité restent pertinentes.
 

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