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Publié par CRISTOL DENIS

 

D’où vient le concept ?

Le mot résilience est originaire du latin resilio.ire littéralement « sauter en arrière ». La résilience est d’abord connu  comme la capacité du métal ayant subi une torsion de reprendre sa forme initiale.

L’illustration grinçante  de Paul Claudel est éclairante et nous emmène sur le terrain humain. Il disait « Si certains banquiers se jettent par la fenêtre c'est pour mieux rebondir ».

Le concept de résilience est devenu général. Les agronomes l’utilisent pour décrire la recréatino d’un écosystème après un incendie. Par exemple après celui du Cap Sicié à Toulon, les arbres calcinés ont laissés la place à des fleurs disparues dont le couvert trop épais empêchait l’éclosion, le petit gibier, les aigles, les cistes sont revenus en force. Un sol est dit résilient quand la vie réapparaît différente nouvelle de potentialité. Le sous-marin est résilient quand il a résisté aux pressions et aux chocs et peut reprendre une autre route. Tout est désormais résilient : les organisations, les entreprises, les équipes, les politiques publiques etc.

Si le concept connaît aujourd’hui un succès planétaire, c’est parce qu’il fait écho à une culture au sein de laquelle il est né. Cette culture a connu des effondrements (1ere et deuxième guerre mondiale), puis de nouveaux développements, pas exactement en continuité de l’ancienne mais avec l’exploration de nouveaux potentiels. La définition pour le domaine psychologique pourrait en être « la reprise d'un nouveau développement après un effondrement traumatique ».  La définition est finalement assez simple, et ce qui va intéresser le chercheur ce sont les « facteurs de résilience ». Ceux-ci sont multiples et se combinent.

Les facteurs de résilience

Le facteur neurologique est désormais identifiable grace aux capteurs qui scrutent nos cerveaux. Ils sont en capacité de mesurer la remise en marche du cerveau après un choc. La dimension émotionnelle est en effet essentielle. Si  Descartes a fait progresser la science, il  a aussi fait du réductionnisme en limitant à des hypothèses simples, propres de la démarche expérimentale, où le chercheur vise à maîtriser la reproduction de phénomènes pour mieux les comprendre. Mais cette démarche  omet les émotions. Jean Pierre Changeux découvre les neuromédiateurs, auxquels des auteurs ont accordé la plus grande importance dans les chocs traumatismes  mais ceux ci n'expliquent pas tout, il ne faut pas extrapoler.

Le cerveau d'une personne traumatisé ne fonctionne pas car il y'a de la sidération Qu'est ce qui s'est passé ?  Est ce que je suis blessé ? Est ce que cela recommencer ? Le cerveau déconnecté des émotions empêche d'anticiper (l'imagerie médicale permet de voir l'activation ou non-activation  des lobes du cerveau).  Reprendre la vie du cerveau commence par l'accueil de la sidération. Il est difficile de reprendre un dialogue tant que la sécurité n’est pas assurée. Celle-ci est parfois plus facile à rétablir par un ami, que par sa propre famille. Ce tuteur de résilience moins impliqué affectivement est mieux à même d’accueillir.

1% des personnes deviennent schizophrène selon l'OMS. Le milieu participe en lien avec la génétique à cette évolution humaine. Pour découvrir cela, il faut des équipes pluridisciplinaires, pour éviter des théories cohérentes mais fausses. Démarche évolutive ce qui est vrai dans un contexte donné peut ne plus être vrai 10 ans après. L'évolution c'est le plaisir de douter et de rencontrer des gens différents La résilience c’est reprendre le cours de son développement.

Facteurs de protection acquis avant le traumatisme

Facteurs de protection acquis avant le traumatisme sont familiaux et culturel Pierre gustatif et pierre lemarquis. Notre cerveau est sculpté par notre environnement familial et la banalité du quotidien. L'appauvrissement de la sphère affective entraîne une atrophie du cerveau : guerre abandon famine désorganisent le fonctionnement du cerveau et altèrent son développement

Selon l’OMS

  • 1 personne sur 2 a connu un traumatisme
  • 100% ont connu des épreuves de la vie

L'amygdale encéphalique joue un rôle dans la résilience.  L'amande dans le cerveau est au cœur du développement émotionnel. La parole et l'habitude du dialogue permettent de développer son potentiel émotionnel et la possibilité de faire face aux syndromes post-traumatiques. Le cerveau apaisé, le corps en sécurité, un travail de sens peut prendre le relais. C'est toute la puissance de la culture de développer les ressources : théâtre, cinéma, roman etc. Le débat l'argumentation et l'échange participent d'une mise en sens indispensable pour reprendre le cours de son développement.

Lors d'événements traumatiques comme les inondations de Vaison la Romaine en 1992 les personnes à l’épicentre ont pu parler et reprendre le cours de leur vie, alors que  les personnes en périphérie n'ayant pas eu le droit à la parole car moins directement concernés, révèlent plus de traces de traumatismes.

Le facteur de préparation avant un événement traumatique

Un facteur clé de résilience est la préparation d'un après événement. Le drame du Bataclan a été épouvantable mais les secours étaient organisés pour prendre en compte l’ensemble des victimes, estimer la gravité de leurs blessures, les écouter. Si ce drame est monstrueux, il est à mettre en perspective d’autres également en cours. Actuellement, il y a 55 guerres ouvertes et près de 55 millions de déplacés. Il est aussi possible de dénombrer 250 millions de réfugiés climatique et 60 millions d'enfants traumatisés. Il est donc légitime de préparer l’accueil des populations traumatisées. Les réfugiés sont soumis à rude épreuve et doivent faire preuve de résilience.

Dans des contextes de guerre les réponses immédiates sont parfois inadaptées à moyen termes.

Le principal besoin de résilience est lié aux déplacements de population et à la rencontre de personnes de culture et trajectoires différentes. La question des migrations internationales est

L’organisation de camp de réfugié donne lieu :

- soit à la création de zone de non droit. Le camp et sa promiscuité induit la violence, une socialisation primaire ou le droit du plus fort l’emporte,

- soit à l’organisation d’un nouvel ordre social, pour  1 à 2 millions de migrants au Liban, les camps avec des  rues larges permettent la prise de repère et éviter d’être les uns sur les autres. A cet égard, il est possible de relever que le phénomène d'urbanisation produit des modes de socialisation primaire. Or on est passé de 3 mégalopoles à 20 mégalopoles sur la planète et c’est là que se concentrent les déracinés.

Le facteur politique

La façon d’accueillir les migrants autorise ou non la résilience.

  • La cohabitation permet de mieux gérer l'accueil des migrants.
  • L'assimilation forcée produit des bombes à retardement. La première génération souffre et se tait C'est la deuxième génération qui entre plus souvent en délinquance, a des marqueurs de mal être. Les parents n'ont pu jouer leur rôle sécurisant.
  • L'intégration est l’idéal c'est l'apprentissage du pays d'accueil de sa langue et de sa culture.

Le sens qui se construit par la parole et le récit aident à constituer la résilience. Il est important de donner de la confiance puis de parler et de donner du sens

Finalement et pour conclure, la résilience pourrait se traduire par

  • Rebondir
  • Résister
  • Redévelopper

Sources :

Wikipédia résilience - https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9silience

Boris Cyrulnik nous parle de résilience

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