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Publié par CRISTOL DENIS

 

canada innovantLe lien de l’individu avec les contextes ou situations d’apprentissage suscite de nombreuses questions et investigations.  Selon l’angle de la relation explorée, les présupposés, les disciplines, les outils d’observation et d’analyse diffèrent. Les chercheurs en déduisent des théories d’apprentissage spécifiques et pas toujours associables entre-elles.

Le lien entre l’individu et sa tâche peut être  exploré par les ergonomes. Cette réflexion produit la didactique professionnelle qui s’intéresse à l’analyse du travail et au pouvoir formateur des situations de travail (Pastré, 2011).

Le lien entre l’individu et l’équipe a été observé par une multiplicité de chercheurs et une variété de méthode. De nombreux effets d’apprentissage sont décelés par la dynamique de groupe (Landry 2007), les communautés de pratique (Lave et Wenger 1991), l’approche socioconstructiviste, la théorie sociale de l’apprentissage (Bandura 2007) voire le connectivisme (Siemens, 2005).

Le lien entre l’individu et l’organisation a donné lieu à des travaux sur l’organisation apprenante (Beaujolin 2001, Senge 1991, Nonaka et Takeuchi, 1997), sur l’organisation qualifiante (Anact), et l’organisation capacitante (Oudet-Fernagu)

Le lien entre l’individu et les technologies permet de mieux comprendre le rôle de la liaison entre l’environnement technologique et l’apprentissage (Blandin, 2006).

Le lien entre l’individu et son lieu de vie et d’emploi débouche sur des analyses en termes de bassin d’emploi, de zone prioritaire d’effet de mutualisation. Il concentre l’attention des politiques publiques.  Ces dernières envisagent la formation et l’apprentissage comme un élément d’un parcours professionnel. Est alors évoquée l’idée de sécurisation d’un parcours professionnel.

En économie le lien entre l’individu et l’innovation est analysé au regard des économies d’agglomérations inter ou intrasectorielle, ou dans le cadre de la mise en réseau de savoirs et de compétences dans le cadre de cluster, de pôles de compétences, de nœuds actifs de connaissance. Dans cette perspective l’apprentissage est considéré comme une résultante externe du regroupement, ou une condition nécessaire à l’apparition d’un effet. Il est moins perçu comme une finalité. L’humain est instrumentalisé au profit de l’économie.

Ce qui unit ces remarques c’est l’idée du lien d’un individu avec un élément saillant de ce qui compose ce que d’aucun appelle le milieu, l’environnement. Il est possible de désigner ce lien par le terme d’écosystème d’apprentissage qui semble plus riche de sens et sera adopté.

En effet l’environnement est défini comme l’ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent à subvenir à ses besoins ». En biologie le milieu marque l’intériorité ou l’extériorité du corps humain. Par exemple, le milieu extracellulaire correspond à l’extérieur de la cellule. En écologie le milieu signifie l’habitat. Pour désigner le lieu où vit une communauté d’espèce, il est aussi possible d’évoquer les termes de biocénose ou d’écosystème. Si l’on laisse de côté le terme le plus technique de biocénose, il est possible de repérer pourquoi celui d’écosystème peut devenir une clé d’investigation. L’écosystème désigne l’ensemble formé par une association ou communauté d’êtres vivants et son environnement (biologique, géologique, hydrologique, climatique (on peut aussi évoquer l’idée de biotope). Les éléments qui constituent un écosystème développent un réseau d’échanges et d’énergie permettant le maintien et le développement de la vie. Le terme d’écosystème a été créé en 1935 par Arthur Georges Tansley (1935) pour désigner une unité de base de la nature.

Le choix d’un terme issu du monde de la nature pour désigner ce qui se produit en formation permet d’apporter plus de complexité sur les phénomènes d’échange entre les individus, entre les organisations et d’aborder la formation avec des idées plus organiques et vivantes. L’image du transfert d’information d’un cerveau à un autre est à remplacer par des idées et des images créatrices. 

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Daniel BELET 04/01/2013

Bonjour Denis, merci pour cette intéressante réflexion sur l'éco- système d'apprentissage.J'avais réfléchi avec un collègue il y a quelques années à son application dans le monde des business
schools a propos de l'apprentissage de la RSE. Je suis persuadé que c'est une piste à creuser pour développer des concepts innovants de lieux d'apprentissage beaucoup plus performants pour les
étudiants. Au plaisir d'une occasion d'échanges à ce sujet. Très bonne année. Daniel Belet