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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

 

Si l’idée d’un éléphant rose à lunette vous traverse l’esprit, la seule volonté de chasser ou d’oublier cette évocation est insuffisante. L’éléphant reste présent et pèse sur vos pensées. Il en est de même pour nombre des idées concepts, habitudes manières d’appréhender le monde qui hantent notre cerveau. Il n’y a rien à faire la mémoire est ainsi faite qu’elle est difficilement aux ordres. Du coup se débarrasser d’un apprentissage inutile, voire pire, nuisible s’avère problématique. Certains passent des années en psychanalyse pour interpréter des faits du passé qui les troublent encore. Si la question du désapprentissage mérite d’être posée, c’est à cause de l’afflux d’informations et de nouvelles manières d’apprendre offertes avec  les technologies de l’information et de la communication  (TIC) qui viennent heurter notre cerveau. Si l’on n’y prend garde les habitudes bien ancrées peuvent obérer tout regard nouveau sur le monde. La prise de repère à partir du connu s’avère sécurisante. Ce faisant apprendre des choses nouvelles de l’ancienne manière peut conduire à des non sens. Nous viendrait-il à l’idée d’apprendre les nouveaux usages et possibilité de l’informatique à la manière dont nous mémorisions une poésie étant enfant ? Tant les usages restent à explorer et inventer, cela paraît étrange de fonctionner de la sorte. Mais la didactique que l’on nous propose nous place encore trop souvent en l’état de vase à remplir. Nos maîtres sont souvent les premiers à perpétuer les anciennes manières car c’est les seules avec lesquelles ils sont familiers. Décidemment il est difficile d’acquérir un regard neuf. Si l’on imagine désapprendre sa langue maternelle combien d’année y faudrait-il ? Faudrait-il quitter toutes attaches, fuir l’exposition et les situations d’usage ? Trouver d’autres intérêts puissants captant toute notre énergie ? Désapprendre paraît si difficile. Selon un mot de l’écrivain Edouard Herriot ne dit-on pas que la culture est tout ce qui reste quand on a tout oublié ? Tout nous rappelle ce qu’on sait déjà. Alors s’il est impossible d’échapper à un conditionnement précoce et répété, peut être est-il tout du moins possible d’en observer les effets sur soi, d’en évaluer les bénéfices et les limites ? Si l’on ne peut se départir de ce qui nous a fait, peut on au moins chercher des points à compléter ou à améliorer ? Cela requiert de s’ouvrir à la différence, de prendre le risque de l’étrangeté, de la surprise. Apprendre autrement consiste à accepter des objectifs, des contenus, des rencontres inclassables. Se poser des questions sur ce que j’apprends de nouveau et comment cela agit sur ses apprentissages plus anciens. Apprendre autrement est un effort de volonté, une auto-direction de ses apprentissages, une régulation de soi.

 

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