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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

Voici un petit livre qui en 70 pages pointe comment l'économie de l'immatériel s'installe. Il a été écrit par Laurent Habib PDG d'Euro RSCG, également président de l'observatoire de l'immatériel. Il explique que l'économie actuelle marquerait rien de moins qu'un changement d'ère.

 

Plusieurs dérives de la matérialité sont relevées. La concentration des richesses vers les 1% les plus riches. A titre d'exemple l'écart est aujourd'hui de 1 à 4000 entre un employé du CAC 40 au bas de l'échelle et son dirigeant. L'incurie générale et la démesure face aux enjeux de l'environnement produite par une logique d'accumulation sans fin.

Ces dérives ont des conséquences. Tout d'abord le délitement du lien social, ensuite une surconsommation qui épuise le désir et produit du gaspillage, enfin un rejet politique et moral de la société actuelle.

 

Mais l'auteur voit dans l'immatériel un nouveau moteur de croissance. Il distingue 6 générations de création de valeurs qui coexistent et qui conduisent à l'idée de la force de l'immatériel :

  1. l'économie industrielle : la valeur est crée par l'action sur la matière
  2. l'économie de marché : la valeur est crée par la distribution
  3. l'économie de services  : la valeur est ici crée par des services additionnels
  4. l'économie de la fonctionnalité : la valeur née de l'usage plus que de l'acquisition
  5. l'économie de la personne : la valeur est crée par la personnalisation de nos modes de consommation
  6. l'économie collaborative : la valeur est crée par le don et l'échange, notamment grace à internet

A travers cette rétrospective, l'auteur montre l'importance grandissante des actifs immatériels des entreprises qui pourraient représenter de 60% à 80% de la valeur des  entreprises (étude menée par Ernst & Young en 2007 sur 98 entreprises européennes côtées)

 

L'auteur montre comment les crises et les transformations radicales obligent à transformer les modèles économiques des entreprises. Il relève que les actifs immatériels sont résilients et alors que les machines s'usent les marques, les cultures, les savoir-faire humains peuvent franchir des espaces temps considérables. S'il existe des success-stories, trop peu de dirigeants ont perçu qu'une autre stratégie que strictement centrée sur la réduction des coûts et la délocalisation était possible.

 

L'auteur propose 4 axes pour entrer dans l'économie de l'immatériel

  • axe 1 : mesurer les actifs immatériels
  • axe 2 : mieux protéger les actifs immatériels
  • axe 3 : mieux valoriser les actifs immatériels par des mesures d'incitation
  • axe 4 : favoriser l'investissement privé et la recherche dans l'immatériel

 

Ce qu'inspire ce texte c'est une inadéquation entre les orientations qui sont données par de trop nombreux  dirigeants et la montée d'une économie qui se partage plus et se contrôle moins car elle dépend des personnes. Il est alors possible de se poser des questions. Et si nos dirigeants économiques et politiques s'obstinaient à utiliser les mêmes recettes : centralisation, confiscation de la parole,  maintien forcené des hiérarchies, primat absolu accordé aux logiques financières et détournement du langage et du sens des mots? Et si, ils ne percevaient ni ne comprennaient que le monde a changé? Et si leur façon d'affirmer que les salariés, les fonctionnaires, les syndicats, les agriculteurs, les étudiants, toutes les catégories sociales "résistent au changement", était une façon de se protéger eux-mêmes des  nouvelles formes de gouvernances qu'il faudrait mettre en place?

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