Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

 
 
 

« Je ne suis pas une lettre, je suis un homme libre ! » pourrait être le cri du cœur de cette tribune. Depuis que les médias se sont emparés de l’expression, la « génération Y » s’invite dans les colloques. Mais qui sont donc ces Ypsiloniens ? Car l’origine grecque de notre 25 éme lettre de l’alphabet permet de les désigner ainsi. On impute à William Strauss et Neil Howe dans leur ouvrage « Générations » paru en 1991, le lancement de ce label. Les Ypsiloniens naîtraient en occident entre 1975 et 1994, juste après les X, enfants nés entre 1959 à 1981. Par leurs attitudes, leurs questionnements et croyances propres,  ils causeraient de nombreux dommages collatéraux aux hiérarchies et organisations que nous avions mis tant de temps à consolider. On les dit zappeurs, individualistes, blasés, pressés. Arrêtons là cette attribution sans limite d’adjectifs peu amènes. Souvenons-nous qu’il fut un temps ou le psychologue Mac Gregor divisait le camp des hommes en deux. Ceux obéissant à la théorie X avaient besoin d’être stimulés, ne faisaient rien sans contrôle, étaient incapables d’autonomie et ceux satisfaisant à la théorie Y étaient capables d’efforts, capables d’apprendre, naturellement motivés et travailleurs. Les temps changent me direz vous. Les abscisses remplacent les ordonnées. Ce qui était vrai en 1960 ne l’est plus en 2010. Les Ypsiloniens sont une étrange engeance, difficile à comprendre, prétextes à empoignades sur le management intergénérationnel. Ils apporteraient avec eux le désordre, un peu comme lorsque les chromosomes X et Y s’assemblent mal. Soyons plus médical dans le diagnostic. « Les microdélitions du chromosome Y représentent une cause génétique d’infertilité masculine ». Transposons au monde de l’entreprise : il n’y a rien de bon à tirer de ces jeunes inconstants. Mais lorsque dans le film réalisé en 2008 par Caruso « Y le dernier homme », Yorick s’aperçoit qu’il est seul au monde, alors il devient précieux. Au fait n’est ce pas les Ypsiloniens qui paieront nos retraites?  Puisqu’il faut en finir, revenons à l’origine grecque de cette affaire. Ecoutons les philosophes, ils nous ont laissé quelques sagesses. Platon ne disait-il pas dans La république «Aujourd'hui le père redoute ses enfants, le fils s'estime l'égal de son père et n'a pour ses parents ni respect ni crainte. Ce qu'il veut, c'est être libre ; le professeur a peur de ses élèves, les élèves couvrent d'insultes le professeur, les jeunes veulent tout de suite la place des aînés ; les aînés, pour ne pas paraître retardataires ou despotiques, consentent à cette démission et, couronnant le tout, au nom de la liberté et de l'égalité, on réclame l'affranchissement des sexes. » Rien de neuf sous le soleil. Il faudrait en conclusion se souvenir qu’un raisonnement en génération est une globalisation bien rapide. Aucun ancien jeune X, nouveau jeune Y ou futur jeune Z, ces derniers que l’on nous présente avec un rictus entendu mutants et surconnectés, aucune désignation de génération, disais-je, ne rendra justice à l’infini diversité de qui je veux être. La modernité à cela d’excitant que je peux changer de valeurs, d’identité, de repères au gré des circonstances. Y reste un pronom (très) personnel  quand il remplace l’objet. Aussi, je souhaite bien du plaisir aux sociologues et experts du découpage marketing pour segmenter le bouillonnement actuel de notre joyeuse et prometteuse jeunesse.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article