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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

 

 

 

Les auteurs Patrick Conjard et Bernard Devin sont respectivement chargés de mission à l’ANACT[1] et à l’ARACT Pays de Loire. L’ANACT Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail existe depuis 1973 et a pour vocation d’améliorer à la fois la situation des salariés et l’efficacité des entreprises. Elle favorise l’appropriation des méthodes correspondantes par tous les acteurs concernés. L’agence fédère un réseau de 25 antennes régionales et aide les entreprises et les autres organisations à développer des projets innovants touchant au travail. Au sein de ce réseau, les auteurs sont co-responsables du projet «réseau professionnalisation des salariés et développement des organisations ». Afin de faire aboutir leur mission, ils ont conçu avec nombre de contributeurs internes à l’ANACT un guide méthodologique à destination de concepteurs d’organisations, de directeurs des ressources humaines, de consultant ou de responsables de formation. L’idée centrale défendue est que la professionnalisation réside moins dans la définition des savoir requis que dans les processus mis en œuvre pour les acquérir. Cette idée place au cœur des préoccupations de l’ANACT les organisations et situations de travail. Cinq chapitres étayent cette thèse. Le premier explicite le contexte et l’objet de la professionnalisation. En particulier, une modification des relations à l’emploi est constatée, de nouveaux modèles d’organisation du travail se mettent en place, les seniors travailleraient plus longtemps et les jeunes seraient moins nombreux. Il s’agirait désormais de sécuriser les parcours professionnels. Ce que favoriserait la loi de 2004 en matière de formation professionnelle, malgré de nombreuses disparités constatées. Dans ce contexte la notion de la professionnalisation proposée par les sociologues des professions et popularisée en son temps par Guy Le Boterf précurseur en la matière, se précise. Le deuxième chapitre dépeint quatre enjeux : le transfert des compétences des partants dans un contexte de départ massif, l’intégration des nouvelles recrues notamment au sein de métiers peu attractifs, l’adaptation des compétences de ceux qui devront travailler plus longtemps et la construction des parcours de mobilité motivants pour répondre aux attentes d’évolution professionnelle dans un contexte ou l’attractivité des entreprises et l’employabilité des salariés sont des sujets sensibles. Le troisième chapitre développe l’éventail des pratiques mobilisées pour construire des parcours professionnels. Les dispositifs proposés sont de deux natures. Il y a d’une part des dispositifs extérieurs aux situations de travail ; tels que les stages inter ou intra entreprise. Et d’autre part des dispositifs en lien avec les situations de travail qui vont de l’apprentissage informel ou auto-formation, à la formation ouverte à distance, aux situations de travail mises en perspective, au groupe de résolution de problème, au tutorat, à la validation des acquis de l’expérience. Deux modalités mettent en exergue la puissance formative de l’organisation : la formation-organisation, concept original défendu par les auteurs et l’organisation apprenante. Le quatrième chapitre présente les conditions préalables de mise en œuvre d’un projet de professionnalisation au  nombre desquelles on compte l’identification des leviers de l’action, le repérage des besoins actuels et futurs en compétences, avec au passage une opérationnalisation de la notion de compétence, l’analyse de l’organisation du travail, le nécessaire croisement des enjeux des entreprises et des salariés et bien sûr la mobilisation des acteurs décisionnaires ou managers intermédiaires. Enfin le cinquième chapitre complète l’approche méthodologique par des préconisations et conseils de conception, de mise en œuvre et d’évaluation d’un projet de professionnalisation. En synthèse la professionnalisation est une approche dont peuvent se saisir les entreprises afin de rapprocher la formation des situations de travail. C’est une opportunité de construire des formations plus efficaces. Le caractère pragmatique de l’ouvrage se ressent par l’apparition de la définition en conclusion du livre, comme un achèvement. La professionnalisation y est définie comme « l’ensemble des processus et dispositifs qui visent à garantir pour les entreprises et les individus l’élaboration des compétences nécessaires ». On pourra regretter l’absence d’éléments d’analyse sur l’effet carrière en matière de professionnalisation. Mais le souci pédagogique constant l’emporte sur cette légère critique. Enfin, sur la forme, l’ouvrage présente des exemples incitatifs de réalisations concrètes, une forte dimension méthodologique, une bibliographie très actualisée  sur le thème. La présentation, les illustrations et le choix d’un vocabulaire rendent accessible une notion en cours d’appropriation par de nombreux acteurs et dépasse très largement la seule présentation d’outils juridiques des contrats et périodes de professionnalisation.



[1] http://www.anact.fr

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