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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Laurent Buratti se présente comme consultant, président d’un cabinet conseil et enseignant en 3 éme cycle à l’ESCP-EAP. Il nous livre dans cet ouvrage un nouveau concept de management : l’énaction. Encore un nouveau concept de management allez vous dire ! Certes et vous aurez raison car les concepts de management qui s’implantaient à raison de un tous les 14 ans dans les années 50 à 70  progressent au rythme de 1 tous les 3 ans dans les années 90. Ces concepts se présentent comme des savoirs commodifiants et apaisants dans des situations difficiles.  Cependant penchons-nous le temps de cette rubrique sur ce concept qui modélise une posture managériale originale. De quoi s’agit il ? Il s’agit ni plus ni moins que du projet de proposer une nouvelle épistémologie, un autre mode de pensée, une anthropologie qui dépasse les approches classiques du positivisme ou de la pensée systémique. Trois parties soutiennent l’ambition. La première partie vise à enrichir notre vision de l’homme et de ses capacités de changement. Cette partie montre comment le management devient un art impossible. L’imaginaire managérial est en crise, les fondements positivistes du management ne suffisent plus à le renouveler, et la réalité complexe reste le fruit d’une interprétation. Finalement le management est en retard d’une révolution. Une fatalité, un vide managérial s’installe qui révèle notre difficulté à gérer le paradoxe du sens. Les managers s’engouffrent alors dans des illusions comme le retrait, la fuite en avant, la simplification, l’illusion technocratique, l’illusion par la motivation ou par la modélisation. En effet les modèles de management qu’ils soient cartésiens ou systémiques peinent à penser en termes d’imprévus, d’instabilités et de transformations et ne permettent pas de penser la co-construction, ou de sortir d’une construction déterministe, toute faite simplifiée et souvent inopérante. La deuxième partie se propose de définir une autre approche de la réalité : une approche constructiviste. Il s’agit ici de penser l’homme et ses projets, l’homme par lui-même donne du sens à sa vie. Il convient d’en tenir compte. Les effets de leviers et de mobilisation de soi et des équipes proviennent de nouvelles manières de penser. L’humain est complexe, il ne se laisse pas réduire au statut d’objet par l’autre. Il interagit au sein de systèmes complexes qui s’auto-organisent et finissent par s’autonomiser. La façon dont nous inférons la réalité, dont nous nous concevons dans notre manière d’être au monde nous limite parfois  dans notre insertion dans le réel. Notre objectivité nous éloigne des subjectivités et de la construction d’une vision partagée. Il s’agit ici d’apprendre à percevoir le tout et ses parties, de faire œuvre de tolérance. C’est la posture de l’énaction que de choisir de nouveaux cadres de référence. Ceci s’avère possible lorsque se combine l’identité, le sens et l’action. La troisième partie définit l’énaction comme une force naturelle de la construction de soi et du monde. L’auteur nous invite à dépasser la discipline organisationnelle au profit de la discipline personnelle. Cette discipline s’attache à prendre conscience des liens étroits entre sa pensée et son action. L’énaction postule en effet que l’être naît de l’interaction et que dans le même temps que nous organisons le monde nous nous organisons nous même. Selon la primauté accordée à soi ou au monde l’énaction peut être narcissique ou constructive. Dés lors la performance dépend de notre vision du monde. Mais il n’est pas si facile d’adopter une vision nouvelle accueillant notamment  les émotions les espoirs et les craintes qui façonnent nos univers mentaux ; vision  que l’on projette sur nos environnements. Adopter une nouvelle vision, oui, mais il est difficile d’échapper aux cadres de références et aux stéréotypes formatés, les siens propres et ceux des autres. Le changement comporte toujours un risque. Y faire face c’est accepter de multiplier les regards pour relativiser ses représentations, c’est élargir la vision par la méta-communication, c’est lâcher-prise sans renoncer. Entrer dans cycle d’énaction procède d’une transformation de sa vision, de son identité et de son action donc de sa réalité. Cinq étapes sont décelées par l’auteur pour générer sens, énergie et transformation : la remise en question de sa solution, l’exploration des possibles, la perception de ce qui émerge, le ressenti de la vision, la réalisation de son potentiel et l’encouragement des autres à réaliser leur potentiel. En conclusion au-delà de recettes toutes prêtes, ce à quoi nous invite cet ouvrage stimulant c’est d’envisager les choses différemment, de prendre conscience que nous ne faisons qu’un avec le monde qui nous entoure et qu’à chaque fois que nous agissons, nous apprenons, nous nous construisons et nous construisons le monde dans lequel nous évoluons. Si le propos de l’énaction est séduisant, et renouvelle en profondeur notre façon d’appréhender le réel à bien des égards, nous pouvons y voir une limite. Car le propos d’un état permanent d’adaptation et de créativité qui déjoue les résistances  fait peser une forte responsabilité sur l’individu sur ses choix, comme si le politique, l’organisationnel, la complexité était soluble dans le psychologique.

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Cristol 09/02/2016 05:37

Merci pour l'information

Stephane 08/02/2016 23:17

Laurent organise maintenant des séminaires de coaching basés sur sa propre méthode "YAO - You Are Original", qui promettent rien de moins que "Enchanter Sa Vie" !
De véritables one-man shows où on apprend énormément sur soi et où on passe un bon moment tout à la fois. ;)
Son prochain événement, c'est en mars, vous pouvez le retrouver dans le calendrier de MeilleursCoachs.com : http://www.meilleurscoachs.com/evenement/enchanter-sa-vie-de-laurent-buratti-paris/
Cordialement