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Publié par CRISTOL DENIS

Ce témoignage valorise intensément l’éducation et la formation du caractère. Une succession d’épreuves certaines paroxystiques, s’enchaînent qui semblent être idéalisées dans le discours pour servir une finalité de réussite sociale. De nombreux épisodes s’ajoutent et se surexposent comme autant de motifs. Quand l’expérience du travail se fait formatrice c’est souvent au détour d’une crise, d’une grève, d’un braquage, ou d’une rupture relationnelle majeure avec un collaborateur. Trois thématiques s’entrelacent.

La première construit le mythe familial. Celui-ci est sublimé par des manques issus de tragédies. Le décès du père d’un grand-père, dans les tranchées, puis le décès du père et le procès qui s’ensuit avec l’employeur. Le narrateur renforce à deux reprises un leitmotiv qui se fera récurrent « le savoir ne prend pas de place ». Celui-ci apparaît alors comme un viatique, tant pour comprendre le monde, que pour se hisser socialement, peut être également pour combler ce manque.

Le narrateur relève ses aspirations de leader depuis la maternelle « j’étais chef d’une bande dès la maternelle en dernière année et ça a continué, ça a continué, ça a continué… ». Les jobs d’été la responsabilité d’une équipe de gilets rouges, puis d’une équipe logistique tous les apprentissages managériaux sont resitués rétrospectivement. Pour lui, l’engagement professionnel est lu au regard de valeurs humaines sans cesse recherchées et encensées : le respect, la confiance. Le développement des collaborateurs, puis des managers qu’il dirige constitue un objectif  « j’affirme tout de suite mes valeurs, je leur dis je suis psychorigide sur les voleurs de paroles et les voleurs de mots ». La symbiose avec l’équipe est révélée comme un acte clé d’apprentissage «c’est surtout l’équipe qui forme le manager, et le manager s’adapte ». Le rapport au savoir transparaît. Celui-ci est centré sur la dimension humaine et relationnelle du manager. Il demande à être partagé comme une urgence.

Le thème social se niche dans les différents plis de l’histoire racontée. La revanche sociale marque les expériences universitaires. Les vexations ressenties dans le classement et la hiérarchie des écoles (l’université de Vincennes, moins bien que celle de Nanterre elle-même sous classée par rapport à Assas)  et des cursus interpellent. Les premiers jobs alimentaires (chef des gilets rouges, responsable des expéditions), ou la période d’aspirant gendarme sont des occasions de se confronter à la trame sociale dans sa multitude et dans ses règles parfois incomprises. Une morale sociale se dégage peu à peu « les plus faibles pressés  par le besoin sont obligés de vouloir ce que les plus forts sont libres de leur imposer ». Enfin, les signes de reconnaissances valorisés (maison de campagne, voitures de collection, installation dans les baux quartiers parisiens) sont revendiqués comme l’atteinte d’une quête.

De cet ensemble le narrateur se présente en manager professionnel, décanté de tout faux semblant, confiant dans ses gestes et choix professionnels, de recrutement d’évaluation, d’accompagnement et développement des collaborateurs ; agile pour aller droit à l’essentiel. Il se définit comme « développeur des hommes et des zones de plaisirs ».

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