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Publié par CRISTOL DENIS

 

Le récit de ce manager issu de la promotion sociale illustre le rôle de l’exploration des sociabilités dans l’émergence d’un manager. Si la curiosité est un moteur, c’est d’abord la curiosité de qui est l’autre « La curiosité c’est de savoir ce qui se passe derrière une frontière ». La vision de l’instabilité du monde l’histoire familiale est marquée par la fuite d’une dictature au Portugal, et la dureté du travail pousse à explorer d’autres réalisations possibles : « Papa et maman, l’un était cuisinière et l’autre majordome… ils sont arrivés en France après une dictature… ils travaillaient dur ». Agir pour ne pas subir. Cette curiosité se met en place dans le cadre d’une stratégie de soutien familial : d’une part les oncles, « j’ai monté une petite boîte structure de bâtiment avec mes oncles qui étaient des marbriers ils étaient deux ils voulaient se mettre à leur compte. Donc le fait de les aider m’a donné la vision de ce que pouvait être une entreprise » puis l’épouse « si vous n’êtes pas bien accompagné, si vous n’avez pas une vie privée, je pense, équilibrée, à un moment donné vous ne pouvez pas non plus être performant dans votre job…. donc elle a accepté que dans notre vie il y ait des ombres pour me permettre à moi d’être curieux, d’être actif, d’être réactif sur le terrain vis à vis de mes équipes etc. ». La sociabilité est aussi  professionnelle et s’inscrit dans des relations de fidélité « [mon PDG] parce que je pense qu’il y a 20 ans quand il est venu me voir, moi et d’autres en disant on va vivre une nouvelle aventure quand vous avez 26 ans et qu’on vous confie un magasin avec un concept que tout le monde trouve bizarre etc. et bien quand vous avez quelqu’un qui vous dit on te fait confiance on te confie une unité et c’est ensemble qu’on va construire une entreprise et bien quand on vous fait confiance généralement vous le rendez ». Acquise d’abord avec un PDG, puis retranscrite auprès des collaborateurs tout au long de la vie professionnelle la confiance est un puissant levier de performance « Donc un manager par définition il doit être automne, il doit être créatif il doit prendre des risques si derrière vous n’avez pas la confiance de votre supérieur voir de l’entreprise, et bien vous en prenez moins, si vous en prenez moins vous découvrez moins de choses, si vous découvrez moins de choses vous êtes moins performant et au final votre, j’allais dire votre capacité à est inférieure à celui qui travaille dans une ambiance de confiance et voilà. Donc c’est très clair pour moi. » Cette confiance est donc prônée pour la création d’un réseau relationnel auprès des collaborateurs. La sociabilité est aussi recherchée dans des associations professionnelles, facilité par une mobilité géographique dans tout le réseau. Enfin la VAE (en cours au moment du récit) trouve naturellement sa place dans le questionnement réflexif qui émaille le récit une vie, c’est encore une occasion de se confronter à d’autres visions du métier, à d’autres participants, à des professeurs de renoms, à d’autres manières de penser l’action. La théorisation des savoirs se concrétise dans ce que le narrateur appelle son « schéma » une schématisation de représentations qui s’enrichit et se complexifie comme une carte (mentale) qui se déploie au fur et à mesure des pérégrinations. Finalement le triptyque du récit repose sur trois idées clés : la curiosité, la carte et l’exploration de l’autre, trois items qui renvoient au voyage et à la découverte du monde comme facette de l’identité managériale.

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