Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

 

 

Les managers assument de nombreux rôles dont celui de leader et consacrent la plupart de leur temps en interaction avec les autres. Dés lors engager des collaborateurs ou partenaires à entreprendre des actions en vue d’atteindre des résultats collectifs nécessite d’exercer un leadership sur un groupe. Le leadership se situe au confluent d’un ensemble notionnel comprenant également l’autorité, l’influence, l’emprise, le charisme, la domination, le pouvoir et l’interdépendance. Leader et leadership sont des mots anglais utilisés par Binet dés 1900. Le leader désigne la personne qui a autorité et influence au sein d’un groupe. Le leader aurait une autorité personnelle, un ascendant ou un prestige. Les appellations telles que meneur, entraîneur d’homme ou chef de file sont attestées après guerre dans la littérature. Les leaders informels exercent une influence dans le groupe sans disposer de pouvoirs de contraintes ou de sanctions, ce qui confirme que ces pouvoirs ne sont pas exclusifs à l’autorité formelle. Ainsi un chef statutaire, dirigeant, ou manager peut ou non être un leader. S’il l’est il cumule deux types d’autorité, celle du statut conféré par l’organisation et celle de son ascendance relationnelle. Ainsi un chef a des subordonnés, un leader a des suiveurs. Le leadership se présente comme l’exercice d’une autorité formelle ou informelle sur les situations et les personnes. Il fonctionne grâce aux contraintes sociales internalisés, et aux lois, règles exprimées et aux usages en vigueur.

 

L’autorité des managers

 

Pour expliquer le phénomène de l’autorité dans le commandement, Enriquez utilise la psychanalyse, Mendel y adjoint l’approche sociologique. Pour ce dernier, l’autorité est en crise que ce soit au sein de la famille, de l’école, de l’état ou de l’entreprise. Les incidences sont une perte d’autorité des managers, davantage contestés par les salariés. L’autorité conférée est insuffisante. Selon la formule " il ne s’agit plus d’avoir de l’autorité mais de faire autorité ". L’autorité est un phénomène situé au niveau de la société dans son ensemble. Elle s’avère un moyen nécessaire pour faire tenir ensemble une société actuelle qui devient celle des individus. Par delà l’autorité naturelle, l’autorité est liée à la légitimité. La légitimité permet de se présenter comme détenteur ou représentant de l’autorité sociale. Weber utilise la notion de domination et en rappelle trois formes. La domination rationnelle-légale, la domination traditionnelle, et l’autorité charismatique. Pour Weber l’autorité est ce qui fait qu’on obéit sans qu’il soit besoin d’utiliser la force, tout simplement en suivant une loi, une règle, ou un usage. Autorité, légitimité et égalité forme donc un triptyque de l’organisation sociale. Plusieurs images héritées de Freud sont constitutives de références telles que celle du chef de la horde primitive aux pouvoirs illimités, et de la figure aimante du père œdipien. Lors de la traversée de l’enfance ces figures s’intègrent et constituent un archaïsme psychologique. Ainsi l’autorité revêt un contenu psychologique et un contenu social. Les deux images évoquées peuvent dans la relation interpersonnelle interagir avec un secteur particulier de la personnalité de l’interlocuteur et réveiller chez lui à des profondeurs différentes la peur ancienne d’abandon d’amour venue de son enfance. L’autorité se caractérise enfin par une asymétrie des rôles. Cette asymétrie ne s’impose pas d’elle-même, elle est symbolique et sociale. Se rencontrent ainsi les attributs sociaux de l’autorité et les normes internalisées de celle-ci. La crise de l’autorité résulte pour partie d’un affaiblissement du référent internalisé. L’autorité réside encore dans la culture propre d’une société, à ses valeurs éthiques, l’organisation de ses rapports sociaux, les idéologies en vigueur, la psychologie individuelle. L’enjeu est désormais de faire émerger des compétences de leader qui ne découle pas exclusivement de la place hiérarchique dans l’organisation. Mais comment émerge un leader ?

 

L’émergence d’un leader

 

Les auteurs ont cherché à expliquer le leadership en fonction de différentes réflexions. Chaque approche complète les autres et inscrit ses travaux dans les contextes et perspectives socio-historiques de son époque. Déjà Machiavel au seizième siècle posait la question des qualités qui font le bon prince. L’approche des traits de personnalités correspond à la théorie du " grand homme ". De Gaulle, ou Gandi par exemple seraient supérieurs aux autres hommes en intelligence, initiative, dominance etc…La théorie des traits a montré l’importance accordée à la personnalité et aux caractéristiques physiques, le plus souvent innées puis fruit d’une éducation. Mais cette approche connaît aussi des critiques. Y aurait t-il de grands hommes sans situations exceptionnelles pour les révéler ? L’approche d’un leadership visionnaire implique des prédispositions (besoin de pouvoir, confiance en soi, goût du risque, conviction), une expérience pertinente, une vision des enjeux à défendre, une grande capacité de travail et une capacité de valoriser ses succès personnels, des habiletés de communication élevées pouvant entraîner la loyauté, l’engagement et la confiance des collaborateurs. Mais lorsque l’on compare les performances des plus grandes entreprises, les leaders exceptionnels sont une illusion face à l’efficacité des organisations, de l’ambition des objectifs, d’une culture forte, et de la volonté de progresser sans cesse de l’organisation. Le rôle du groupe et de la qualité des relations interpersonnelles ont été mise en évidence par plusieurs auteurs dans une vision psycho-sociologique. Les styles de leadership autocratique, laisser faire et démocratique ont des incidences différentes sur la satisfaction des membres et l’efficacité des groupes. Les études sur l’influence au sein de groupes sont à prendre avec prudence compte tenu d’une part de transpositions abusives de résultats obtenus sur des groupes d’enfants vers des groupes d’adultes ou de professionnels, d’autre part du contexte socio-historique dans lesquelles ont été faites ces études. D’autres chercheurs par la suite s’inscrivent dans la perspective selon laquelle on trouve dans un groupe deux fonctions essentielles : une fonction instrumentale et une fonction socio-émotive, donnant lieu à deux formes de leadership, l’un centré sur la tâche l’autre centré sur les relations, avec l’apparition de deux sortes de leader en phase avec ces fonctions. Dans l’approche du leadership de médiation, la fonction essentielle est de mettre en place un ensemble de procédures permettant de limiter le nombre d’interprétations que l’on peut donner à toutes les informations que le groupe reçoit. Le leader est la personne la mieux en mesure d’effectuer la médiation entre les intrants et les extrants attendus. L’approche situationelle et le modèle de la contingence, postule que l’efficacité des leaders respectivement centrés sur la tâche, et sur les relations sera différente selon des aspects de la situation tels que : la qualité de relation entre les membres, le degré de structuration de la tâche et la force relative de la position d’autorité du leader. Enfin dans l’approche constructiviste le leadership est considéré comme un rôle qui se construit dans l’interaction groupale, les fonctions assumées par le leader pouvant varier d’un groupe à l’autre. Le leadership est aussi lié à l’organisation. Le leadership formel s’est tout d’abord exprimé, dans le cadre de structure hiérarchique, de commandement et d’autorité. Avec la spécialisation des fonctions et le principe " d’unicité de commandement ", cette forme est qualifiée de hiérarchique et d’autoritaire. Elle est contestée car les structures formelles et " pyramidales " d’organisations répondent mal aux problèmes, de circulation d’informations et de prise d’initiative. Des structures informelles se mettent en place, et l’approche en réseau s’impose. Le leadership s’exprime en lien avec des groupes qui eux-mêmes agissent au sein d’organisations. Les liens au pouvoir dans les organisations ont été mis en évidence dans une approche sociologique des organisations. L’organisation se comprend comme le résultat permanent de négociation du pouvoir. Le leadership s’établit dans des rapports d’interdépendance entre le leader et son équipe. Ainsi l’influence n’est pas l’apanage du leader mais appartient aussi aux subordonnés. Il est possible de dire qu’un style de leadership rencontre un style de subordination, à travers des liens de coopération, de collaboration ou le partenariat.

 

   Le repérage des leaders

 

En conclusion de cet aperçu, il est possible de postuler que le leadership fait l’objet d’apprentissages que ceux-ci soient désirés ou constatés a posteriori. Le rôle des idées préconçues et des théories implicites du leadership joue un rôle, d’" attributions mutuelles " sur l’émergence du leader et sur les relations suiveurs-leaders. Dés lors plusieurs solutions s’offrent aux organisations pour se doter des leaders dont elles ont besoin. La première est de les sélectionner, à partir de diplôme élevé et de capacité à travailler dans des environnements variés. Mais ces critères même s’ils sont des signes de capacité d’adaptation et d’engagement sont insuffisants. En effet souvent issus de milieux favorisés connaissant peu d’aléas ou d’épreuve de la vie puis passant par des écoles protégées aux enseignements conformes, les futurs leaders sont peu préparés à exercer des fonctions humainement exigeantes. Dés lors c’est sur des qualités personnelles qu’il est possible de se baser pour déceler des leaders. En pratique la méthode d’observation est privilégiée aux tests, questionnaires, méthodes biographiques, entretiens, assesment center, analyse des compétences et des performances, ou la rationalisation du potentiel. C’est en observant au quotidien les futurs leaders et leurs réactions face aux aléas de la vie des affaires, que des capacités telles que la confiance en soi, la liberté intérieure, la gestion de ses émotions sont mises à jour. Cette méthode d’observation interne serait largement à parfaire. Une troisième voie consiste à former les managers au leadership.

 

Commenter cet article

LeBonManager 11/01/2017 22:28

J'aime beaucoup la maxime : un chef a des subordonnés et un leader a des suiveurs.
La caractéristique du leader est bien de donner confiance à ses équipes pour qu'elle se sente libre de le suivre, libre d'être créatif et donner tout leur possible pour être performance.
C'est le contraire du chef autoritaire qui castre l'équipe en la rendant insécure.

CRISTOL DENIS 11/01/2017 22:31

Tout à fait en phase