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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

vitraux.jpgJean Michel Besnier nous invite à philosopher sur les mécanismes producteurs du savoir, normal direz vous pour un philosophe enseignant à la Sorbonne. Son texte posséde des vertus épistémologiques, car il nous invite à interroger les sources et les voies de la connaissance. Il pose en préambule qu'une théorie de la connaissance s'accorde sur la distinction entre le sujet qui connaît et l'objet à connaître. Son propos évoque donc une expérience cognitive.

 

La première partie brosse la controverse philosphique sur la connaissance. Ce serait au sortir de la renaissance que que les pouvoirs humains de connaître se développeraient et marqueraient une rupture  avec la synthèse léguée par Aristote aux pères de l'église. La collection des faits, les récits de voyages, les traductions antiques sont réinterrogés. Le doute point quant à l'intelligibilité de la globalité. Une rupture est marquée avec le théologique. La science des hommes s'intéresse au monde visible. La recherche de la vérité et son articulation au divin est une constante des théories de la connaissance à cette période qui nous donnera Nicolas de Cues ou Descartes. L'idée antique que "l'homme est la mesure de toutes les choses de l'existence" établit un lien entre sentir et connaître. Le savoir serait issu de la sensation. Cette idée limite l'accord entre les hommes d'une part et engage la dimension ontologique d'autre part.

 

Une définition minimale de la connaissance proposée par Piaget caractérisant le processus cognitif serait "la mise en relation d'un sujet et d'un objet par le truchement d'une structure opératoire". Ce faisant cette définition nous fait pénétrer dans le monde de la logique. Toute théorie de la connaissance nous ferait évaluer la part qui revient au sujet et celle qui revient à l'objet dans la constitution d'un savoir. Dés lors la réflexion philosophique sur l'acte de connaître  s'articule sur la question de savoir si la connaissance n'est que le résultat d'un enregistrement dans le sujet d'information déjà organisées ou bien si elle est produite par le sujet qui possède la faculté d'agencer les données immédiates de la perception. Cette question forme l'opposition entre le réalisme et l'idéalisme et interroge la réceptivité du sujet. L'époque moderne sera marquée par les démonstrations des empiristes (Locke, Berkeley, Hume) et des positivistes. De cette époque subsiste encore l'idée de l'esprit-seau qu'il suffirait de remplir à l'aide de nos sens. Cependant cette théorie se heurte vite au constat qu'il ne suffit pas de regarder ou d'entendre pour savoir. Les erreurs qui se glissent dans le processus jouent un rôle. Au XVIIe siècle la réflexion sur le pouvoir de connaître s'intéresse alors au rôle de l'expérience. S'opposent alors l'empirisme et le rationalisme : les philosophes soucieux de clarifier les données de l'expérience (Locke) ou ceux tournés vers les certitudes du sujet cognitif (Descartes). La formule "rien n'est dans l'esprit qui ne vienne des sens (empirisme), si ce n'est l'esprit lui même (rationalisme), résume le débat. Politiquement l'empirisme est favorable à l'investigation et à l'émancipation pendant que le rationalisme requiert le pouvoir transcendant d'une nature providentielle ou d'un Dieu. Les deux approches mobilisent induction et déduction pour poser leurs raisonnements. Avec la proposition de distinguer d'une part des sciences qualifiées de déductives ou rationnelles et des sciences qualifiées d'inductives ou expérimentales.

 

Une distinction trop prononcée entre approche empirique et approche rationaliste semble à écarter car si toute connaissance dérive de l'expérience comment expliquer que nos concepts dépassent les renseignements donnés par nos sens? Cette question interroge le principe de causalité des causes et des effets. La science étant bâtie sur des relations de cause à effet a parfois tendance à joindre des phénomènes contigus. En fait les inférences sont souvent le fait de croyances qui passent parfois mal le seuil du temps ou d'une répétition d'expérience. Connaître serait alors avant tout croire. Kant s'efforce d'articuler les raisonnements synthétiques et analytiques. Pendant que les jugements synthétiques lient des intuitions à des concepts, les jugements analytiques lient un prédicat et un sujet sur le mode de l'identité. Avec un jugement synthétique un résultat est signifié, avec un jugement analytique, un résultat est explicité. Les jugements synthétiques se distinguent de la métaphysiques car ils safisfont aux conditions de réalisation d'une expérience possible. Pour Kant les objets se proposeraient à notre connaissance et nous devons avoir une intention à leur endroit   "nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous mêmes". L'association d'une intuition et d'un concpet est indispensable pour que nous apparaisse quelque chose susceptible d'entrer dans la sphère d'une expérience. La façon de résoudre les contradictions entre empiristes et rationalistes ne satisfait pas  Karl Popper. Pour lui, une théorie de la connaissance doit être objectiviste. C'est à dire qu'elle interrogera les contenus des conceptions scientifiques davantages que les modalités qui les rattachent au sujet connaissant. Karl Popper tout en s'attachant à la théorie antique que la vérité consiste dans la correspondance de nos idées avec la réalité. Alors, dans le jeu des essais et erreurs qui consite à retrouver cette correspondance, une réfutation doit être possible. Un énoncé est réputé scientifique s'il est falsifiable donc  réfutable. D'autres approches tenant du behaviorisme viennent écarter l'idée de "l'oeil intérieur" et l'idée que l'esprit serait un miroir de la nature. Elles se contentent de "description fonctionnelle des termes, énoncés et arguments [...] qui entrent dans la la formulation des théories.

 

La deuxième partie s'efforce d'exprimer une métaphysique de la connaissance et l'explorationde nouveaux liens.

  1. connaître c'est computer : l'ordinateur est pris pour modèle d'explication du fonctionnement de la connaissance
  2. connaître c'est connecter : le cerveau et la complexité du cerveau est donné en exemple
  3. connaître par la sélection naturelle : les circuits neuronaux les plus performants sont sélectionnés par la pression de l'environnement ("darwinimse neuroanl")
  4. connaître c'est faire émerger : c'est l'action qui fait émerger la connaissance. Il n' y a pas de séparation entre la connaissance et l'action ("doctrine de l'énaction" de Francisco Varela)

Un dernier développement est réalisé dans l'investigation des liens entre recherche et religiosité. La question du sens est abordée.

 

La conclusion nous remémore l'idée que la connaissance est le privilège des hommes qui se savent mortels.

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Clovis Simard 07/08/2012 17:20

(fermaton.over-blog.com),No-25. THÉORÈME CUSANUS. - Une connaissance moderne du monde.