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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

« Dégages ! » telle est la sentence qu’ont entendue certains dirigeants et
DRH Tunisiens après la fuite précipitée de Ben Ali. Brutalement, le
népotisme ordinaire en entreprise s’est trouvé confronté à un besoin de
compétences. Du jour au lendemain, les dirigeants compromis et défaillants
sentent monter l’exigence d’un management professionnel. « Dégages ! » est
devenu un mot d’ordre fréquent en entreprise, presque un mouvement politique
qui revendique un changement profond dans la société et dans la gestion des
entreprises. Sans ménagement, les dirigeants ou propriétaires incompétents
sont raccompagnés fermement à la porte de l’entreprise et un membre du
personnel respecté prend (provisoirement ?) la tête de l’entreprise. Pour
les directeurs des ressources humaines, il y a urgence à agir :
- Il s’agit de recruter sur la base des compétences plutôt que sur celle des
liens familiaux,
- Il s’agit de prendre en considération les avis des collaborateurs, de les
traiter avec dignité,
- Il s’agit d’octroyer une juste rétribution et de faire face aux demandes
des SMIGARDS et de tous les collaborateurs au risque de provoquer une
délocalisation vers un pays à bas coût,
- Il s’agit enfin de mieux employer tous les jeunes qualifiés
Si Tunis concentre nombre de dirigeants et de décideurs, ce qui s’y passe n’est
pas représentatif de toute la Tunisie. Mais il est possible de capter dans
la ville quelques signaux d’avenir. Par exemple, le « forum des
assoiffés »accueille à Tunis, à tour de rôle,  l’un des 50 partis
nouvellement créé qui cherchent à exister sur la scène publique. Les débats
sociétaux mettent l’accent sur des problèmes cruciaux tels que la laïcité,
les déséquilibres de développement économique entre les régions côtières
tournées vers l’Europe et l’export et les régions de l’intérieur plus
agricoles et désertiques, les moyens humains de développer les entreprise et
bien d’autres encore. Autant de prise de parole, autant de DRH qui aspirent
à passer d’un coup dans la modernité. Un peu à la façon dont un passionné de
sport constitue l’équipe de foot nationale en plaçant le joueur idéal à la
bonne place. La légende affirme de l’ancien président  Bourguiba qu’il
apporta trois bienfaits à la Tunisie : l’eau, des droits élargis pour les
femmes et l’éducation. Sur ce point avec prés de 380 000 jeunes tunisiens
dans l’enseignement supérieur pour environ 10 000 000 d’habitants, la
Tunisie n’a pas à rougir de la scolarisation de sa population dans l‘enseignement
supérieur équivalente à celle de pays industrialisés. Aujourd’hui, les DRH
sont tentés d’adopter les meilleures pratiques occidentales et savent, sans
fausse pudeur, distinguer et dénoncer les compétences fumeuses de certains
experts, consultants, formateurs internationaux affiliés à des agences
mondiales. De même, les deux millions de tunisiens branchés sur facebook ne
s’en laissent plus conter ils aspirent à plus de transparence et à la
défense de leurs droits. Ils s’informent en réseau et « protègent » en s’informant
mutuellement la révolution en train de se faire. Les DRH Tunisiens sont mis
à rude épreuve et doivent gérer le fonds des problèmes mis à jour et la
façon de les traiter à marche accélérée. Gageons que l’énergie
post-révolutionnaire les aidera et que l’espoir suscité par la révolte d’un
jeune homme qui est devenu un symbole national, aidera chacun au moment des
choix. Au fait, ne parlez pas à des Tunisiens de la révolte de Jasmin. Ils
récusent le terme, l’expression des journaux Européens est une invention
romantique qui ne correspond en rien au chantier pratique qui traverse toute
la société et interpelle le vivre ensemble.

 

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