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Publié par CRISTOL DENIS

Le monde anglo-saxon serait décomplexé par rapport à l'argent depuis la réforme protestante. Cela est une bonne chose, mais les excès du capitalisme financier ont certainement à voir avec cette décomplexion. Le rêve américain ou celui des golden-boys de la City, laisse penser que la fin justifie les moyens et que la gestion de masses d'argents colossales en quelques secondes qui se porte d'une valeur à l'autre d'un compte à l'autre est une activité profitable pour tous. Les inégalités croissantes montrent que le profit est inégalement réparti (cf l'étude d'Eurostat sur 10 ans). A voir l'esprit mercantile qui sous-tend en permanence les décisions des gouvernements ou des grandes entreprises américaines, on s'aperçoit que les rapports de force installés dominent toute possibilité d'accéder au rêve.

Le titulaire d'un Mac-Job ou d'un Wall-Mart Job (il n'est même pas utile d'invoquer les sous-traitants au Bangladesh) peine à vivre. Il n'a guère accès à ses propres rêves. Il devra suivre ceux de son manager. Une étude récente montre comment la pauvreté absorbe l'énergie des travailleurs dont l'enjeu principal est de pourvoir aux besoins primaires. Leurs facultés mentales ne sont pas moindres, mais sont accaparées par la nécessité de trouver un deuxième job, de se déplacer dans une périphérie lointaine, là où les logements seront moins chers ; mais aussi loin d'équipements culturels. C'est pourquoi le savoir est un luxe réservé à quelques uns qui peuvent plus que les autres se saisir des opportunités d'internet ou des équipements publics. Il est difficile d'entreprendre un projet quand tout est compliqué, quand tout coûte en temps comme en énergie.

On peut se réjouir de l'existence d'internet et des moyens de diffusion technologiques des savoirs(smartphones), Il faudra quand même accéder au terminal et payer un abonnement avant d'accéder au savoir. A voir certaines écoles "d'élite" vendre leur MBA prés de 200000$ (vous avez bien lu) on voit que le savoir est devenu un business. Le monde de l'éducation a cédé à cette vision mercantile. Les entreprises éducatives placent leurs marques, maillent leurs réseaux d'obligés et accentuent la encore les inégalités. Elles fournissent leurs bataillons aux grandes entreprises internationales.

Il est aussi possible de voir des initiatives informelles, des alternatives communautaires sociales pallient les déficiences du système d'organisation des inégalités. Ceux qui ont peu de chose ont peu à perdre, peu à attendre et finalement beaucoup à partager. Ils peuvent établir des solidarités qui ne s'achètent pas, partager des savoirs et s'offrir mutuellement ce que ne savent parfois plus faire ceux qui sont mieux dotés. Par ailleurs, collectivement, les pays européens ont intérêt a affirmé leur modèle de société faisant une place au correcteur de l'action publique. Ce modèle est loin d'être parfait mais les valeurs anciennes de l'état-providence constituent une alternative, quand elles sont portées, au seul prisme économique à l'anglo-saxonne qui épuise les hommes et les territoires.

L'argent et le savoir : deux valeurs que tout oppose

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