Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Publié par CRISTOL DENIS

La frénésie des MOOCS s'empare des ondes, des journaux et de la blogosphère. Enfin quelque chose de neuf à se mettre sous la dent susurrent les journalistes. Le jour de gloire est arrivé espèrent les pionniers des plates-formes, de la formation en ligne et les esthètes de moodle. Y a t-il du business en perspective pour les entrepreneurs?

Les MOOCS apparaissent comme un objet à creuser à polir et à partager par des chercheurs et universitaires passionnés. Des cours gratuits pépient les apprenants. Des ennuis pour nos affaires redoutent les organismes de formation ou les professeurs qui ne se remettent plus en question et qui enfilent les heures de présence.

Tout ce beau monde bruisse autour des MOOCS et en attend un événement miraculeux. Moi aussi, je trépigne avec la foule. Tout d'abord, je dis merci aux initiateurs et bravo aux premiers qui les ont suivi. Ensuite, j'imagine à voix haute comment les MOOCS peuvent influer sur l'écosystème de la formation professionnelle continue et lui redonner, en tout cas je l'espère, un coup de jeune.

Je reviendrai peu sur la distinction entre xMOOCS qui visent surtout à distribuer de façon massive des informations et cMOOCS qui s'efforcent de travailler à l'utopie du partage et de l'enseignement mutuel. Sur ces questions je renvoie aux spécialistes. Mon intérêt et mes interrogations se portent sur ce qui va se passer quand ce système d'apprenance va grandir et se mêler aux systèmes actuels. Le seul MOOC sur la gestion de projet promu par Rémi Bachelet a réuni plus de 2000 personnes. L'équivalent de 100 stages en présentiel réunissant 20 personnes ! Ces stagiaires ont-ils déserté les cours de la CEGOS ou les amphis du CNAM? Qu'ont-ils appris? Comment l'ont-ils fait? Quelles erreurs ont-ils commises pour apprendre? Que vont ils faire après avoir sauter ce premier pas? ¨Par quel miracle alors que j'ai croisé une multitude de gens qui n'appréciaient pas la formation à distance quand elle leur était imposée par leurs entreprises, tout d'un coup le fait de choisir soi-même son projet soit libérateur? Apprendrait-on mieux quand on choisit de le faire? Sûrement.

Quelle que soit la puissance de la technique, je garde une croyance dans le caractère irremplaçable du contact humain et du groupe. Ma croyance résistera t-elle?

Les environnements personnels d'apprentissage qui se composent aujourd'hui intègrent des rencontres en groupe. C'est l'idée de "refuge" proposé par la nouvelle version du MOOC ITYPA2. De quoi faut-il se protéger? Les rencontres physiques deviennent par un curieux retournement de situation la part informelle de l'apprentissage. Les MOOCS génèrent des envies de se rencontrer qui n'étaient pas forcément prévues au départ. Eh Oh toi, qui que tu sois derrière ton écran, si on se retrouvait en chair et en os, pour boire un verre ensemble?

L'objet MOOC résistera t-il à toutes les tentatives d'instrumentalisation des usagers et parties prenantes? Y aura t-il des conflits? Que se passera t-il quand un gros opérateur téléphonique ou groupe de communication viendra avec de gros moyens mettre la main sur l'idée et créer une "économie du partage"? Dénaturera t-il l'intention et le don initial? A lire les récits héroïques des pionniers ne risquent t-ils pas de s'épuiser? Qui offrira un contre-don? Et si le modèle se développe (il le fait), comment triera t-on les bons des mauvais MOOCS? Comment éviter que la dimension événementielle du MOOC n'hameçonne plus personne quand une offre de MOOC dense existera et que chacun s'efforcera de faire le maximum de bruit pour recruter ses masses?

Dans tous les cas voilà longtemps qu'un objet pour ou avec lequel apprendre n'avait pas donné un peu de rêve et d'utopie. Rien que pour cela les MOOCS méritaient leur fanfare. Ils méritent maintenant d'inventer leurs promesses et de les réaliser .....ou pas ; mais même dans ce cas, ce n'est pas grâve car ils auront aidé à penser d'autre façon de partager et d'apprendre. Ils auront participé à l'irréversibilité du fait de l'apprentissage en réseau numérique.

L'avenir des MOOCS

Commenter cet article

Christine Vaufrey 18/09/2013

Vous semblez étonné que certains des participants à un MOC aient envie de se rencontrer en présence et vous ajoutez que la formation informelle semble devoir se dérouler désormais plus en présence qu'à distance. Je vous invite à considérer globalement l'écosystème de formation comme un dispositif hybride dans lequel la socialité indispensable aux apprentissage se déploie sur la toile et en présence, dans des proportions que seul l'apprenant doit déterminer. C'est pour offrir cette opportunité que nous développons les partenariats et les "journées ITyPA".
Inscrivez-vous si ce n'est déjà fait, pour tester le dispositif !

CRISTOL 19/09/2013

Bonjour,
Je suis très sensible à l'idée d'écosystème d'apprentissage et de socialité, et c'est réjouissement pour moi que les personnes aient envie de se retrouver. Je note une différence entre un dispositif hétéro-organisée dans lequel les animateurs-concepteurs-instigateurs-influenceurs-gestionnaires de l'écosystème pensent les regroupements, leurs sens et les activités qui se déroulent en leur sein et les choix libres de se retrouver définis par les apprenants eux-mêmes qui engagent véritablement leur volonté.
Dans les deux cas, lorsqu'il y a appui technologique le dispositif est hybride. Mais il me semble que dans le cas ou un groupe parvient à se dire spontanément "tient et si nous nous retrouvions !" cela à des chances de renforcer les objectifs que chacun se donne et partant ce qu'Albert Bandura désigne comme le sentiment d'efficacité personnelle et peut être donc plus de motivation à apprendre.
J'imagine même que demain des individus qui ne se connaissent pas vont réussir à s'agréger en groupe sans institution puis se dire collectivement, nous avons besoin d'une institution pour nous aider et s'engager dans un parcours de formation. Cela pourrait devenir une pratique courante. Ceci est nettement dans l'idée de "refuge" que vous proposez, et préfigure une forme vraiment nouvelle "d'autoformation collective", non par superposition d'individus mais par émergence d'un projet commun pour apprendre. L'idée est que je repère d'abord avec qui j'ai envie d'apprendre puis dans un deuxième temps l'institution qui peut proposer au groupe un cadre d'action. Compte tenu de la façon d'entrer en relation par le groupe et non par les "objectifs de stages" les modalités pédagogiques devraient être plus souple et plus innovantes.
Pour tout cela encore bravo.
J'ai suivi avec plaisir le premier ITYPA, me suis inscrit au second et j'en fais de la publicité partout ou je peux. J'ai aussi proposé des ressources dans le blog http://itypa.wordpress.com/2013/07/05/itypa-un-mooc-et-ses-partenaires/ sans réponse à ce jour . Enfin mon institution pourrait jouer le rôle de refuge si vous le souhaitez. Bonne journée.

Michel Diaz 28/09/2013

Bonjour,

Je vous cite : "Par quel miracle alors que j'ai croisé une multitude de gens qui n'appréciaient pas la formation à distance quand elle leur était imposée par leurs entreprises, tout d'un coup le fait de choisir soi-même son projet soit libérateur? Apprendrait-on mieux quand on choisit de le faire ?"

Un peu naïf non ? Il me semble que la question est résolue par l'andragogie et ce qui a suivi…

Cordialement

Michel Diaz