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Publié par CRISTOL DENIS

Olivier Dubigeon développe de longue date un intérêt, des outils et méthodes mais également un engagement dans un développement responsable. Il avait déjà produit Piloter un développement responsable. En France il est toujours de bon ton d’annoncer la Révolution pour que les choses changent. Mais à lire l’auteur, cette fois, la révolution sera sociétale. L’auteur part du défi écologique. Il rappelle comment la modernité transforme le devenir de l’humanité, comment les démesures financières, du pouvoir, sociétale, sociale génèrent des effets pervers. Pour, lui des ruptures sont à l’œuvre à commencer par la croyance lié à l’ultra capitalisme qui s’effondre. C’est aussi l’humanité qui se coupe de sa biosphère, c’est encore le paradigme scientifique qui est bousculé et avec lui, le progrès et la raison qui sont interrogés. Le temps devient une nouvelle frontière. Le sens de l’économie est contesté. Le modèle consumériste est remis en question. L’appel à ce qui fait société progresse partout. Les fondations même de ce qui fait société progressent partout et laissent la place à de nouveaux rapports de force. Plus grave l’ethnocide des peuples premiers nous prive de la technologie de survie pour atteindre le bien vivre. La redécouverte du sens transforme en profondeur les conditions du leadership. Pour Dubigeon la question se pose de savoir si la sortie de crise se fera de façon systémique par rupture ou par évolution incrémentale, et même de savoir si le développement est durable. En effet, se développer dans un monde en pré-rupture questionne : que serait le développement ? Faut-il choisir entre croissance et décroissance ? Plusieurs scénarios sont envisageables. Et l’engagement de nombreuses responsabilités sont nécessaires pour réussir la transition. Tout d’abord, la question du sens, ensuite celle du tri sélectif du meilleur des sociétés modernes et de tradition. Ensuite il s’agirait de retrouver la sagesse de l’intégration et d’enraciner une nouvelle conscience, celle de la planète. Promouvoir un imaginaire optimiste de de la prospérité, en particulier en mettant en place une alternative au pouvoir fondé sur la guerre. Le bien commun devrait être réintégré dans l’économie et la sobriété devrait être un élément de prospérité. Il s’agirait d’être comptable de nos actes. Enfin s’ouvrir à la société neuronale globale. Pour parvenir à cette transition l’auteur nous propose des clés. Il propose de refonder ce qui fait société, de satisfaire d’abord les besoins primaires, d’internaliser les externalités, de démultiplier les constructions collectives via la technologie numérique, de ré-enchanter le travail par une économie de la contribution, de transformer les solidarités au travers du bouleversement des identités. Il s’agirait aussi de généraliser l’éducation et l’autoformation pour tous, de libérer les sources de l’appropriation, de réintégrer de la réciprocité dans un monde globalisé mais encore d’assurer la sécurité globale au cœur de la complexité. La question que se pose ensuite l’auteur est de savoir comment créer de la valeur au 21eme siècle. Il propose d’investir dans le territoire du sens, soit en économicisant les enjeux écologiques, sociaux et sociétaux, soit en écologisant les enjeux économiques. Quelque-soit le choix adopté, les leviers d’action devront repenser la légitimité de l’entreprise et refonder son modèle d’activité, actualiser sa gouvernance. Il s’agira encore de former et d’éduquer, d’encourager une consommation responsable, de déployer un management responsable, de structurer une organisation responsable, de rapprocher science, entreprise et société de repenser la comptabilité de l’entreprise et surtout de dialoguer avec les parties prenantes. C’est à ces conditions que pour l’auteur une société du mieux vivre ensemble pourrait advenir.

La 4eme révolution sera sociétale. Comment réussir la transition ? Olivier Dubigeon.  L’Harmattan. 2013

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