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Publié par CRISTOL DENIS

Après l’ouvrage récent de Pierre Caspar « La formation des adultes : hier, aujourd’hui, demain … » un nouvel ouvrage se penche sur l’histoire de la dynamique de la formation professionnelle. Tout se passe comme si ce secteur d’activité était particulièrement sous les feux de l’actualité. Cette fois c’est la dimension sociologique qui est particulièrement mise à contribution. Benjamin Saccomanno est membre du laboratoire CERTOP. Il s’intéresse dans son ouvrage de la transformation des finalités de la formation qui glisserait historiquement de l’éducation pour tous à la gestion individuelle des carrières. Il étudie pour cela les inflexions du système de formation professionnelle. Il propose une datation à partir de texte de loi ou de faits sociaux et économiques marquants. Il part de la naissance et de la structuration de la Formation Pour Adulte (1800 à 1945) en relevant les premiers constats sur les bienfaits de l’éducation, les initiatives publiques et notamment la loi Astier. Puis vient le développement et l’institutionnalisation de la formation pour adultes (1945 à 1959) avec la construction du système avec une coopération tripartite et un véritable effort de légitimation. La période suivante (1959 à 1970) vise l’organisation du système, entre objectifs économiques et logique sociale. C’est l’entrée dans la société promotionnelle avec un rôle central de l’état et l’instauration d’une politique qui commence à intégrer les questions de mobilité sociale et mobilité professionnelle. L’entérinement du droit à la formation et stabilisation de l’architecture du système (1970-1971) est repéré en France par la loi de 1971 qui crée un marché et une offre de formation. Dans la période à suivre (1973-1993), la formation est imaginée comme levier d’action contre le chômage. Le contexte est à la qualification des individus les plus fragiles. Il est aussi possible de dater la formation comme outil communautaire d’une « société cognitive » dans les années 1990. Les discours sur les fondements de l’éducation tout au long de la vie se développent. Le savoir est perçu comme étant au service de la compétitivité. Puis les dispositifs d’une gestion individuelle des compétences (années 2000) se mettent en place. Ils visent à rendre l’individu « acteur de sa trajectoire », à les responsabiliser. Se posent alors des questions sur la motivation et l’appétence quand le DIF outil de responsabilisation et d’adaptation se développe. La régionalisation de la de la Formation Pour Adultes fait passer des logiques nationales aux enjeux territoriaux. L’action publique est négociée localement. La nouvelle rhétorique mobilisatrice de la « sécurisation des parcours » se met en place (2003 à 2008). On passe alors des discours sur les parcours à construire à des discours sur les parcours à sécuriser : le terme de flexisécurité est mobilisé. Ceci est fait concomitamment avec la gestion de l’employabilité (2008 à 2009) avec toute la difficulté de passer de la théorie à la pratique. La conclusion étaye la thèse sous-jacente de l’éducation pour tous à la gestion individuelle des carrières. Cet ouvrage est intéressant à lire car il montre la dynamique du système de formation pour adulte.

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