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Publié par CRISTOL DENIS

A un moment où l’on incrimine la faillite des leaders politiques et économiques que les leaders religieux sont eux aussi remis en cause pour leur vision clivante du monde, pourquoi ne pas aussi questionner le rôle des leaders éducatifs ? Ce terme englobe les dirigeants de nos écoles petites ou grandes, universités, lycées, collèges, institut, business-school. Tous ces lieux, tous ces temps où une part de nous-même se modifie et où nos croyances, nos savoirs, nos capacités de raisonnement se transforment.

Ces leaders ont une fonction sociale essentielle. Par leurs décisions, ils contribuent à organiser la socialisation de générations d’apprenants, à les aider à consolider leur identité, à maîtriser des savoirs de base, ou à apprendre des métiers. La fréquentation d’établissements éducatifs, de ses règles, de son architecture, de ses programmes, la vie dans une communauté à un moment charnière de sa vie forme le creuset des rapports sociaux. Ces leaders possèdent une influence sur les orientations de chacun, sur la manière dont se mettent en place collaboration collective ou compétition individuelle. Ces décideurs participent à l’édification démocratique. Peut-être ont-ils plus que les autres une responsabilité à cet égard, car les individus qui traversent leur établissement le font avec des enjeux sur leur propre devenir. Soumis à des règles d’évaluation sociale (note, examen, diplôme), ils sont souvent en position de dépendance à une autorité qui s’impose à eux. Les apprenants sont tenus d’habiter les rôles sociaux que les institutions attendent pour franchir avec succès le curriculum qui leur est proposé et sortir bonifiés de l’expérience. Parce que les institutions d’éducation et de formation sont un lieu propice à la réflexion sur soi, à la construction de choix, à l’appropriation de raisonnement et de critère sur le monde, elles sont des instances critiques d’édification de l’homme et du citoyen.

Chacun de ces décideurs ne devrait-il pas interroger sa mission ? Par les décisions qu’ils prennent ou entérinent, ces dirigeants participent plus que tous autres à la construction démocratique. Ces décisions pèsent sur les façons de vivre ensemble, sur l’agencement des lieux, des circulations et des espaces et sur la régulation des espaces de parole. Quand ces dirigeants assument des choix architecturaux, informatiques et bien sûr pédagogiques, ils induisent la manière dont la communauté des apprenants et des professeurs, dont ils influencent un temps la destinée et les possibilités d’agir, développent des manières de sentir le monde et de se lier avec le reste de la société.

Il est alors important que ces dirigeants perçoivent qu’ils sont bien plus que des gestionnaires dont la seule perspective serait d’équilibrer un budget. Se limiter à cette tâche ne serait-il pas manquer une partie de la mission ? Par vocation, une institution éducative ne devrait-elle pas avant toute chose se préoccuper de l’intérêt général ? Auquel cas, se limiter à produire des élites ne serait-il pas une faute ? L’enjeu éducatif est si lourd qu’il devrait dépasser les clientélismes sociaux. Le primat de la cohésion nationale, de la vivification des esprits, de la préservation et du renouvellement des savoirs devraient l’emporter sur toutes autres considérations.

Il est donc indispensable que ces dirigeants au regard des enjeux sociaux assument un véritable « leadership éducatif ». Que signifie le rapprochement de ces deux mots. S’il y a bien longtemps, que la question du leadership éducatif occupe des rayons entiers de librairies anglo-saxonnes, la question du leadership est à peine posée en France, a fortiori d’une catégorie particulière de dirigeants, ceux du secteur éducatif. Que dire du leadership ? Au regard des théories disponibles dans le monde des organisations, il serait possible de discerner trois perspectives :

  • La perspective du leadership transactionnel s’intéresse à la conduite de l’action et à l’atteinte d’objectifs. Les conditions de la transaction s’organiseraient grâce à un mandat formel source de légitimité et serait étayé par un ensemble de contrats tacites réglant les conditions d’exercice d’une influence. C’est ainsi que le dirigeant d’une école serait nommé pour exercer sa mission, mais il devrait se conformer aux normes sociales lui fixant les limites de son intervention sur les formes de disciplines, de conseils autorisés, ou l’intrusion de consignes sur la vie hors institution par exemple.
  • La perspective du leadership relationnel est celle où les personnalités se rencontrent, où une possibilité d’alchimie humaine est rendue possible, celle où l’espace des relations créé génère de la confiance pour agir dans le sens du projet éducatif. L’individu est ici plus qu’un élève ou un stagiaire pris dans une grosse machine administrative. Des relations personnelles colorent les transactions.
  • La perspective du leadership transitionnel est celle qui engage des promesses d’avenir qui est construite sur la base de projets à édifier. Ces projets se comprennent à la fois comme des projets individuels, mais aussi comme les projets collectifs du vivre ensemble.

Ces perspectives de leadership dépassent la seule perspective économique qui fait parfois que les dirigeants d’université se font des managers et courent après les subventions pour équilibrer leur budget, ou que les directeurs de business-school sont entrés dans la marchandisation de l’éducation en investissant dans des marques éducatives, en exportant leur cursus, en adoptant à haute dose l’anglais pour séduire de nouvelles clientèles.

A voir les enchaînements qui parfois semblent mécaniques, il est possible de se poser la question de savoir qui prend du recul sur l’orientation générale de ce système, sur le sens et les incidences des pratiques engagées ?

Poser la question du leadership c’est interroger les actes des dirigeants sur les politiques qu’ils engagent, sur la reproduction ou la perpétuation des usages administratifs, sur l’évolution des usages technologiques, sur les pratiques pédagogiques, sur les responsabilités morales qu’ils exercent in fine dans les relations que le cadre technico-pédagogico-administratif structure. Les leaders éducatifs sont détenteurs d’un magistère sur ces évolutions structurelles. Les leaders éducatifs disposent ou conquièrent des marges de manœuvre pour agir et infléchir un courant. Mettre en avant le leadership éducatif, c’est mettre en avant les questions d’éthiques et de déontologie professionnelle, et plus largement s’intéresser à la responsabilité sociétale que chacun assume ou non.

Le leadership éducatif

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Thibert 20/09/2013

Je me permets de vous signaler un dossier d'actualité publié par l'IFE (Institut français de l'éducation) sur le thème du leadership éducatif, qui fait un état de l'art de la recherche en éducation sur cette question. Nous avions choisi le terme de "leadership" parce qu'il correspond à autre chose que le "management", terme consacré en France.

Endrizzi Laure et Thibert Rémi (2012) . Quels leaderships pour la réussite de tous les élèves ? . Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°73
En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=73&lang=fr

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