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Publié par CRISTOL DENIS

Une entreprise, une organisation humaine est trop complexe pour que ses affaires soient dirigées par une seule personne. Pourtant alors même que des organisations jadis prospères, de véritables symboles, s’effondrent, nombreux sont les dirigeants à poursuivre leur aveuglement individuel. « Pour l’instant tout va bien », semble être le leitmotiv qui les empêche de faire preuve de plus d’empathie, quand dans certains cas pathologiques ils ne nient tout simplement pas la possibilité d’un autre qu’eux-mêmes d’exprimer une idée.

Celui qui s’imagine « manager né » ou chef de droit divin, sacré définitivement par une école prestigieuse ou la réussite à un concours ne cesse d’empoisonner les organisations et distiller un état d’esprit qui ruine la confiance et le travail collectif. L’ultra individualisme des chefs, leur incapacité trop fréquente d’écouter vraiment, produit des désastres sociaux et économiques. Ils passent souvent à côté de l’essence du leadership qui se nourrit de plus d’humilité, de doute, d’humanité, de congruence : en somme de connexion avec les autres plus que de qualités individuelles.

Quelques éléments de bon sens nous rappellent que :

  • Il n’y a pas de leader sans suiveurs. Le leadership est avant tout une alchimie sociale
  • Il n’y a pas de trait humain universel du leader. Les traits humains sont si variés et changeants qu’il est aléatoire et audacieux de généraliser une dimension particulière et d’en faire un universel du leader. Ce qui vaut dans un ensemble humain (métier, culture, espace géographique) ne tient pas dans un autre.
  • Il n’y a pas de leader sans contexte et sans situation. Le leader est situé dans le temps et dans l’espace. Il y a toujours interaction du leader dans son environnement.

L’hypothèse centrale est que le leadership est avant tout un processus social. Il conviendrait de distinguer trois composantes dont l’articulation démontre les idées fausses du stéréotype du « leader de l’année », homme providentiel, héroïque, solitaire, charismatique, talentueux, responsable de tout, pour ainsi dire assumant un destin. Ces composantes sont : le leadership, les actes de leadership et le leader.

Le leadership a à voir avec un assemblage au sein d’un groupe humain. Cet assemblage est fait d’une combinaison d’émotions, de buts, de compétences, d’intérêts partagés, d’énergie, de plaisir et de confiance mutuelle. Dès lors, se fixant sur un élément, des chercheurs affirment avoir trouvé le graal du leadership et développe les théories du leadership authentique, émotionnel, etc. En fait le leadership serait plutôt cette force qui garde relié tous ces ingrédients psychologiques, sociaux, contextuels. Le leadership serait comme une force qui circule entre ceux qui pénètrent dans ce champ.

Certains dans ce champ prennent des initiatives, communiquent, expriment une émotion, contestent, agissent, interagissent. Ce faisant, ils posent des actes de leadership. Ils viennent modifier le champ et en influencent la direction. Une multiplicité d’actes s’interpénètrent, se renforcent, se font échos, ou se contre disent. Ils expriment l’état des liens et de l’énergie dans ce champ de force attirent l’attention, entraînent une imitation, inspirent ou proposent une interprétation de la situation.

Parfois l’un des membres du groupe perçoit mieux le champ, ou ses actes sont mieux compris. Ils produisent plus de retentissement que d’autres initiatives, alors ils enclenchent plus d’imitation, d’action, de satisfaction d’être ensemble ou de sentiment de sécurité. Le pouvoir d’agir de chacun grandit, les perspectives du groupe s’élargissent. Les actes isolés de leadership s’agrègent mieux et convergent dans la même direction. Le champ est unifié et l’action collective est plus efficiente. L’un des membres se voit reconnu comme un contributeur spécial à cette union, ce plaisir de réussir ensemble. Parce qu'il est suivi il devient leader. Parfois son rôle informel se consolide et se formalise dans un statut, plus souvent il demeure silencieux et invisible au sein du groupe et à son service.

Ce que permet la distinction entre leader, leadership et actes de leadership c’est de montrer le déroulement d’un processus social. C’est d’expliquer que le leader tire sa légitimité de l’ajustement d’une multiplicité d’interactions et de liens contextualisés plus que d’une nature charismatique, génétique ou inné ; de donner à voir que chacun participe du processus d’unification plutôt qu’il ne suit aveuglément un chef désigné.

Le leadership  : un processus social

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