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Publié par CRISTOL DENIS

Les apprentissages issus de notre expérience sont les plus nombreux. Qu'ils soient souterrains, cachés, que certains évoquent un iceberg pour les qualifier, ce qui est clair c'est que cet apprentissage informel est en train de changer.

La raison en est simple. Elle réside dans le fait que les conditions mêmes dans lesquelles nous vivons sont en train de muter. La part des 30 000 impulsions par minutes qui stimulent notre corps évolue sous l'effet conjugué d'une multitude de facteurs. Tout d'abord la technologie nous bombarde d'informations et créent des dommage collatéraux dans notre cerveau qui sont encore en train d'être explicité. Cette technologie nous soulage de tâche répétitive, d'effort de mémorisation laborieux et laisse potentiellement la place à plus de temps pour de la créativité. Ensuite le vocabulaire s'enrichit de nouvelles possibilités. Il permet d'autres façons de s'exprimer (souvent avec des mots anglais auquel nous cédons). Dans le même temps, le cycle de vie des connaissances s’accélère. L'attrition des savoirs augmente, mais plus important, les sources mêmes des connaissances qui nous atteignent sont remises en question.

Les groupes humains se mélangent. Ils deviennent plus hétérogènes et offrent plus de perspectives différentes, d'angle de vue. Cela provoque des dissonances cognitives. Les impulsions sont à la fois plus riche de possibilité mais aussi de perturbations. Du coup les expériences humaines sont de plus en plus singulière, le temps de l'expérience est un temps personnel.

Dans le même temps chacun a besoin de rester connecté à sa tribu pour éviter de se perdre. L'hyper coordination, l'information en continue, les mobilités augmentent, offrant là encore de nouvelles sensations. Tout se passe comme si les savoirs se fragmentaient. Il en découle une production de pensée inachevée. L'expérience est moins un objet dicible qu'un flux continu. Au fur et à mesure que ce flux nous submerge, nous confions à des artefacts électroniques une part de notre mémoire, qui pour le coup est moins stimulée. Nous externalisons de nos corps des parts importantes de nos fonctions d'apprentissages. Avec cette transformation des conditions de l'expérience les stimulations mutent.

Mais ce n'est pas tout, le monde est plus bruyant, plus lumineux, plus chaud. Le réchauffement, l'urbanisation, les déplacements incessants font bouger notre sentiment d'appartenance à un espace et à un temps. Nous transformons tellement notre écosystème que celui-ci nous adresse en retours ce que nous y avons déposé : des facteurs de pollution, de stress, de nouvelles formes de créativités aussi.

Nous connaissons de nouvelles stimulations car la durée de vie en moyenne s'est allongée, et la santé générale s'est améliorée. Ces conditions transforment les récepteurs de stimulations que nous sommes.

Les conditions de notre expérience changent car nous rencontrons aussi des individus plus qualifiés, plus diplômés, avec des idées plus précises. La masse humaine grandissant, elle produit aussi plus de vision du monde, plus d'artistes, toujours plus de stimulations visuelles, auditives, artistiques et sensuelles.

Les nouvelles conditions technologiques du capitalisme inventent encore des métiers, des façons de travailler, des services nouveaux qui génèrent de nouveaux modes d'interaction. Ces modes sont associés à des stimulations différentes.

Si notre cerveau et tout notre corps reçoivent une masse de signaux provenant de notre écosystème, et que celui-ci mute nul doute que les apprentissages expérientiels qui se produisent sont complétement transformés, nul doute que de ce bain une métamorphose opère tant le bouillonnement est fort.

Les apprentissages expérientiels changent de nature
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