Publié par CRISTOL DENIS

Il est possible de relever nombre de paradoxes et d'injonctions dans la conduite du changement.

L'un de mes préféré se produit au cours des réunions solennelles lorsque l'autorité en place affirme "Nous devons être le changement que nous voulons être pour la société. Nous devons être participatifs !". Et l'assemblée de répondre en cœur "Oui chef!". Le participatif sous la forme d'un ordre directif est une injonction paradoxale souvent entendu dans les entreprises. Un jour face à une telle injonction, j'ai entendu un directeur s'écrier. "Je ne veux pas être participatif! Je ne serai pas participatif! Moi ce que j'aime c'est le directif!". Cela m'a fait penser au sketch de Jean Yanne répondant à un inspecteur du permis de conduire qu'il n'allait jamais sur les routes départementales et qu'il ne commencerait pas de si tôt.

La deuxième injonction concerne l'expression du changement. Changer sans rien dire au détour d'un projet ou d'un programme et voilà la rengaine "On nous cache tout on nous dit rien" qui apparait mais au contraire, affirmer le changement et voilà les collaborateurs d'affirmer : "Tout est joué, nous ne sommes pourtant pas des machines, puisque vous êtes si sûrs de vous et bien faites le vous mêmes!". Entre le non dit et le trop dit la communication authentique (forcément authentique) ne sait pas très bien où se situer.

Une autre injonction réside dans le balancement entre la tentation du succès et le choix de l'échec. Parfois, plutôt que de céder au succès d'aucun à tous les niveaux d'une organisation choisissent de rater parce que c'est plus sécurisant. Et nous voilà face à des défaites annoncées. "Je vous l'avez bien dit que cela ne marcherai pas !". La prophétie auto-réalisatrice appelée par les vœux des défaitistes résonnerai presque comme une victoire.

Enfin le quatrième paradoxe s'installe dans la bascule autour du cadre. Trop de cadres, de procédures, de règles et l'organisation devient le jouet d'une mécanique infernale prête à broyer des hommes. Pas assez de cadres . et l'on voit bien que les pilotes ne savent pas où ils vont!

Ces 4 paradoxes du changement nous conduisent droit à l'échec et à des boucles d'amplification venimeuse qui empoisonne tout le corps social et produisent la paralysie. Comme nombre de situations qui associent des hommes, tout est affaire de dosage et d'une part d'irrationnel qu'il est bien difficile de prévoir.

Les paradoxes du changement

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