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Publié par CRISTOL DENIS


A force de réfléchir à la question, je perçois que l'évolution du numérique aujourd'hui est plus qu'une technique qui s'inscrit dans l'amélioration de pratiques plus anciennes avec un plus fort pouvoir de diffusion, de stockage ou de mise en relation. En effet, chacun dispose d'une encyclopédie portative, d'une caméra haute définition, d'accès à des bases de données et à des réseaux logiciels et informations (50% des français sont équipés en smartphone et le chiffre va encore exploser). L'idée de techniques maîtrisées par un corps limité d'experts est mise au défi d'usages qui se répandent via le monde du logiciel libre. La gestion de bases de données et de SI, selon une visée d'amélioration continue et de cumul progressif allant toujours dans le même sens, organisation-performance-contrôle a peut être atteint ses limites. Cette perspective est contrainte de faire plus de place à l'initiative. Les usages numériques actuel produisent une rupture dans les façons de penser, cette rupture est d'autant plus forte que chacun individuellement maîtrise un petit peu des habiletés et des domaines qui demandaient quelque temps en arrière des compétences pointues acquises après de nombreuses années d'étude. Chacun peut s'improviser développeur de site internet, réalisateur de vidéo, créateur de musique, éditeur d'un journal, concepteur de communication, en somme chacun peut être détenteur et force de proposition d'une vision du monde avec une aide technologique qui est moins sous-contrôle d'experts. Dès lors les détenteurs traditionnels de la technique revendiquent et défendent un monopole, une façon exclusive d'agencer l'organisation, ils se présentent même en défenseur et en gardien du bon ordre contre le chaos. Pour parti ils ont raison car ils protègent la répartition des rôles et fonctions permettant à chacun de savoir qui fait quoi, comment le faire et selon les normes acceptables, pour parti ils sont dans l'erreur quand ils exigent un contrôle absolu. Ils sont dans l'erreur, car ils n’empêcheront jamais quiconque d'utiliser son cerveau pour imaginer des solutions différentes avec des perspectives ou des effets plus riches. Ils seront d'autant moins en mesure de le faire, qu'à titre individuel chacun désormais dispose d'un pouvoir, du moins en théorie, d'utiliser ces techniques à titre privé. Chacun dispose de la possibilité de s'émanciper et de contourner les systèmes rigidifiés en usant de son intelligence et de ses ressources personnelles. La réalité du BYOD c'est qu'aujourd'hui un collaborateur est équipé de meilleurs outils à titre personnel qu'à titre professionnel, est disposé à plus de flexibilité mentale que ce que lui propose son organisation. Par exemple son organisation lui propose des arborescences très hiérarchisées quand à titre personnel, il opère rapidement avec des moteurs sémantiques. Il est limité par un classement a priori dans son organisation quand il peut utiliser toutes ses ressources langagières en dehors. Il faudrait d'un côté se réjouir des initiatives individuelles dans la sphère privé et handicaper les possibilités dans les organisations? Cela semble difficile, les murs des entreprises et des administrations n'arrêtent pas les ondes. Il y a donc urgence à côté des directeurs de la communication et des directeurs informatiques à imaginer des directeurs des usages numériques qui apprennent à susciter mais aussi réguler ce qui contribue au bien et à l'intérêt collectif et ce qui au contraire est par trop déstabilisant. Prenons une analogie, si hier les scribes avaient le monopole du stylo et de l'écriture, les informaticiens d'aujourd'hui seraient toujours d'excellents calligraphes, mais ne seraient pas forcément les plus habiles à penser ce qu'il convient d'écrire.

L'invention du métier de directeur des usages numériques
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