La prise de conscience que chacun est un peu responsable du destin collectif semble progresser, à voir le bel enthousiasme entourant la COP 21 et sa signature d'un accord général. La question à se poser est comment poursuivre, comment faire pour que cet accord prenne forme? Suffit-il d'avoir raison pour que les idées passent? Faut-il être encore plus militant de sa cause?
Rien n'est moins sûr, la transformation d'une information en savoir pertinent pour l'action passe par un chemin intérieur qu'il est difficile de forcer.
Le moyen de faire avancer les grandes causes humaines, lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi lutte contre l'illettrisme, la discrimination, ou encore amélioration du vivre ensemble, nécessite de revoir la pédagogie en vigueur.
En effet de la même façon que l'on pourrait se questionner sur des hommes adaptés à un monde qui dysfonctionne, on peut se questionner sur les pratiques et les méthodes pédagogiques qui influencent ces mêmes hommes.
Si les méthodes pédagogiques sont adaptées à un monde qui pollue, humilie, blesse, exclue, discrimine, alors, il faut les remettre en question et les revoir entièrement.
Nous devons donc transformer la pédagogie, imaginer des enrichissements, des alternatives, des oublis et promouvoir de nouvelles approches.
De mon point de vue, il s'agit de réinviter le dialogue critique, l'apprentissage collaboratif, les espaces d'expérimentation, les échanges entre pairs, l'étonnement, le voyage, le pas de côté, l'émancipation,le travail continu de discernement par soi-même.
A cet égard le potentiel numérique est un aiguillon qui peut favoriser un renouvellement mais attention il n'y a rien de magique avec le numérique, il faut l'apprendre à en faire un bon usage. Il s'agit de l'utiliser pour ses capacités à se lier et à accéder à des informations plutôt que de seulement en faire un nouveau projet de distinction, de domination et de contrôle.