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Publié par CRISTOL DENIS

Pourquoi y a t'il quelque chose plutôt que rien?
Cette question des philosophes suppose un émetteur de la question et une réception. Poser la question c'est y répondre. Il y a quelque chose plutôt que rien parce qu'il y a un sens à trouver. Plusieurs nuances de l'absence aident à creuser cette question du sens. Elles nous aident aussi à envisager les groupes, les organisations, les entreprises et les systèmes autrement que par le flux d'agitation de trop plein de mots et d'actions qui les caractérise. La part d'absence est révélatrice des architectures invisibles qui étayent les ensembles humains. Rappelons nous le petit Prince de Saint Exupéry pour qui l'essentiel est invisible pour les yeux. Mais partir de rien pour comprendre les phénomènes humains nécessite une attention particulière au sens de l'absence.

Définitions sommaires
Rien : c'est le mot le plus courant qui décrit une absence relative
Vide : c'est l'absence de matière et d'énergie
Néant : absence de matière d'énergie, de vie, de temps, d'idées et d'être

Plus on dépouille le sens de ce qui n'est pas, plus on s'éloigne des formes du vivant que nous connaissons de ses pulsations et de ses évolutions. Le néant reste une difficulté philosophique insondable qui ouvre à l'angoisse nihiliste ou bien à la révélation religieuse.

Ces trois absences possèdent chacune une vertu pour appréhender le monde des groupes et des organisations.

Le rien ou "rien du tout" est un pas grand chose. C'est un vestige de ce qui a pu exister mais dont il ne subsiste aucune matérialité. Il n'en reste rien dit on pour mesurer la perte. Le rien se conçoit comme une trace qui témoigne par d'infimes rognures arrachées au temps de ce qui fut. L'environnement garde une empreinte. Dans les organisations il y a une multiplicité d'empreintes héritées d'anciennes pratiques. Rechercher les signes du passé, les petits riens nous aide à comprendre le passé. Ces empreintes sont des reflets de sens et de pratiques humaines que l'on peut lire en creux dans la structure de l'organisation, des rituels dont on ne connaît plus l'origine, des habitudes de travail jamais reinterrogées, des documents ou des procédures qui gardent la mémoire d'anciens usages. Ces artefact que rien explique aide à percevoir une trajectoire passé et les forces associées qui de façon invisible en maintiennent la direction.

Le vide est plus profond que le rien. Il est absence de matière, espace inoccupé. Il est dégagé propice à accueillir quelque chose. Le vide est plein de possibilités. Pour qu'une action prenne place un vide la précède. Dans les organisations le repérage des vides est aussi celui des espaces d'où peuvent décoller de nouveaux projets. Le vide ce sont les trous dans la raquette dont il est possible de tirer du futur. Ils offrent a la fois une qualité de rebond et une capacité d'absorption. Le vide se conçoit comme interstices des pleins. Dans les dynamiques humaines intégrer des vides de paroles, c'est à dire des silences, autorise de nouvelles élaborations. Permettre des vides d'action ouvre à des ressources temps nouvelles. Lorsque les poumons se vident c'est pour renouveler l'air qui régénère le corps. Le vide lorsqu'il est appréhendé en lien avec le plein est dynamique. La question pour nos organisations est : ou sont les vides de paroles, d'espaces, de sens, d'action à partir desquels se recréer ? Comment dansent-ils avec les pleins d'action ? Quelle alternance, quel souffle autorise t-on?

Le néant est une absence de toute vitalité, lumière, énergie, conscience. Un impensable gouffre. C'est un absolu tellement inimaginable que lorsque l'on y pense, on est troublé, dépassé et l'on prend conscience des forces de vie gisant dans l'infime. L'idée du néant aide à concevoir la densité et la puissance de la vie. Puisque la possibilité du néant nous trouble, tirons en pour les organisations un surplus de sens et de vitalité. Le néant porte la question de la vie. Comment cette question est elle prise en compte? Qu'est ce qui rend vivace les projets et les collectifs?

Apprendre à discerner le rien, le vide et le néant dans un groupe, une organisation ou une entreprise est une manière de lire en creux. Faire la carte de nos ignorances ou de nos manques nous initie à une pensée systémique ou l'on ne se contente pas de voir les éléments qui interagissent en direction d'un but, mais également les interstices organisationnels les absences. Cette lecture nous permet de lire l'architecture et les liens qui unissent les humains et leurs organisations.

Nada, rien, vide, néant : quelle utilité de l'absence pour penser les organisations
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B
C’est la grande question du philosophe de la campagne : qu’est ce qui fait le pot? Est ce la terre qui constitue le contenant? Ou le vide a l’intérieur ? Est ce qu’on appellerait cela un pot s’il n’y avait pas ce vide à l’intErreur ?
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