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Publié par CRISTOL DENIS

Beaucoup de boîtes à outils et méthodes de facilitation d'intelligence collective pullulent, gratuite, payante, en ligne, sous forme de jeux voire même de roman mystique. Tout est bon pour populariser ce thème qui finit par devenir un marché avec ses produits phares, ses guides pratiques, ses recettes et ses gourous. Pourtant l'essentiel est dans la posture.  L'essentiel est que le facilitateur s'efface au profit de la facilitation pour laisser à chacun la possibilité d'exprimer ses talents et sa vision. Quand le facilitateur disparaît reste la facilitation, comme un sillage. Le facilitateur transfère en silence par sa seule présence des pratiques à un collectif sans faire de leçon, simplement en exprimant son art. L'essentiel se produit dans le moment en train de se vivre. Le processus est autre que celui d'un transfert de données opérant directement d'un cerveau vers un autre. Tout se passe par imitation et imprégnation subtile voire inconsciente.

Il procède plutôt par inspiration et modélisation. L'incarnation revêt une grande importance. La respiration, les mouvements, les regards sont des fenêtres par lesquelles chacun peut pénétrer. Si la facilitation était une forme elle serait arrondie, douce, toute en nuance et en tremblement. Une forme fragile et attachante. Un trait à la fois pur et imparfait tracé d'un seul geste. Capter un tel trait ne se fait pas autrement qu'en saisissant le pinceau en le trempant dans les événements et en produisant sa propre esquisse. Produire un dessein passe par poser une intention, ou plutôt non par laisser venir le dessin. Car la forme, ses courbes et ses couleurs émergent des pigments présents. Chaque participant à une rencontre est un pigment. Il colore l'ambiance de sa personnalité. La facilitation laisse la trame se composer, les personnages se déployer. La dynamique se mettre en mouvement. C'est tout au plus un gobelet d'eau au sein duquel chacun se trempe un instant. Il s'y rafraîchit et poursuit son chemin. Si le facilitateur cède le rôle principal à la facilitation, c'est pour mieux servir l'énergie collective. Quelque chose se met en place qui agit à partir du centre en faveur du but commun. En oubliant son égo le facilitateur rend possible à chacun la même posture. Il minore son ego mais il est présent. Ils oublient leur égo mais ils sont mutuellement disponibles, concernées et à l'écoute les uns des autres. Ils sont pleinement responsables de ce qu'ils ont à vivre puisque nul ne leur dit quoi être ou ce qui doit être entrepris. Apprendre l'effacement ce n'est pas se nier soi-même mais c'est laisser chacun prendre sa place en intervenant au juste nécessaire. Le facilitateur n'est ni à l'intérieur d'un dialogue ni à l'extérieur ni en surplomb ni dans une position intermédiaire. Si le facilitateur regarde le système comme il est et agit pour le rectifier ou le soigner il restera tel quel, mais s’il le regarde et agit dans le sens de sa plénitude alors le système pourra se déployer dans son meilleur potentiel.

Pourquoi le facilitateur fait place à la facilitation ?
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